Hercule furieux , vers 1245. (B
3. Dircé ou Antinpe , tragédie perdue. Voy. les fragmens de M. Barnôs, page 519. (B.)
TRAITÉ DU SUBLIME
ce qui lui donne plus de force , c’est cette harmonie qui n’est point précipitée ni emportée comme une masse pesante, mais dont les paroles se soutiennent les unes les autres , et où il y a plusieurs pauses. En effet , ces pauses sont comme autant de fondemens solides sur lesquels son discours s’appuie et s’élève.
Chap XXXIII. — Delà mesure des période*.
Au contraire , il n’y a rien qui rabaisse davantage le sublime que ces nombres rompus et qui se prononcent vite, tels que sont les pyrrhiques, les trochées et les dichorées, qui ne sont bons que pour la danse. En effet , toutes ces sortes de pieds et de mesures n’ont qu’une certaine mignardise et un petit agrément qni a toujours le même tour, et qui n’émeut point l’âme. Ce que j’y trouve de pire , c’est que , comme nous voyons que naturellement ceux à qui l’on chante un air ne s’arrêtent point au sens des paroles , et sont entraînés par le chant , de même ces paroles mesurées n’inspirent point à l’esprit les passions qui doivent naître du discours, et impriment simplement dans l’oreille le mouvement de la cadence. Si bien que , comme l’auditeur prévoit d’ordinaire cette chute qui doit arriver , il va au-devant de celui qui parle , et le prévient , marquant comme en une danse , la chute avant qu'elle arrive.
C’est encore un vice qui affaiblit beaucoup le discours quand les périodes sont arrangées avec trop de soin, ou quand les membres en sont trop courts , et ont trop de syllabes brèves , étant d’ailleurs comme joints et attachés ensemble avec des clous aux endroits où ils se désunissent. Il n’en faut pas moins dire des périodes qui sont trop coupées ; car il n’y a rien qui estropie davantage le sublime que de le vouloir comprendre dans un trop petit espace. Quand je défends néanmoins de trop couper les périodes, je n’entends pas parler de celles qui ont leur juste étendue, mais de celles qui sont trop petites et comme mutilées. En effet , de trop couper son style , cela arrête l’esprit : au lieu que de le diviser en périodes , cela conduit le lecteur. Mais le contraire en même temps apparoît des périodes trop longues; et toutes ces paroles recherchées pour allonger mal à propros un discours sont mortes et languissantes.
Chap. XXXIV. — De la bassesse des termes.
Une des choses encore qui avilit autant le discours, c’est la bassesse des termes. Ainsi nous voyons dans Hérodote1 une description de tempête qui est divine pour le sens ; mais il y a mêlé des mots extrêmement bas, comme quand il dit : * La mer commançant à bruire (ai). » Le mauvais son de ce mot bruire fait perdre