II. — AU COMTE DE BUSSI -RaBUTIN
Paris , 25 mai <073.
Monsieur ,
J’avoue que j’ai été inquiet du bruit qui a couru que vous aviez écrit une lettre par laquelle vous me déchiriez , moi et l’épître que j’ai écrite au roi sur la campagne de Hollande '. Car outre le juste chagrin que j’avois de me voir maltraiter par l’homme du monde que j’estime et que j’admire le plus , j'avois de la peine à digérer le plaisir que cela alloit faire à mes ennemis. Je n’en ai pourtant jamais été bien persuadé. Eh! le moyen de croire que l’homme de la cour qui a le plus d'esprit pût entrer dans les intérêts de l’abbé Cotin, et se résoudre à avoir raison même avec lui? La lettre que vous avez écrite à M. le comte de Limoges* a achevé de me désabuser; et je vois bien que tout ce bruit n’a été qu’un artifice très-ridicule, de mes très-ridicules ennemis. Mais quelque mauvais dessein qu’ils aient eu contre moi, je leur en ai de l’obligation , puisque c’est ce qui m’a attiré les paroles obligeantes que vous avez écrites sur mon sujet. Je vous supplie de croire que je sens cet honneur comme je dois, et que je suis, etc.