III. — A Colbert
En réponse à ce billet:
« Le roi m’a ordonné , monsieur, de vous accorder un privilège pour votre Art poétique , aussitôt que je l’aurai lu. Ne manquez donc pas de me l’apporter au plus tôt. Colbert. »
Paris.... <674.
Monseigneur,
Je vois bien que c’est à vos bons offices que je suis redevable du privilège que Sa Majesté veut bien avoir la bonté de m’accorder J’étois tout consolé du refus qu’on en avoit fait à mon libraire; car c’étoit lui seul qui l’avoit sollicité, étant très-éveillé pour ses intérêts, et sachant fort bien que je n’étois point homme à tirer tribut de mes ouvrages. C’éloit donc à lui de s’affliger d’être déchu d’une petite espérance de gain, quoique assez incertaine à mon avis, dès qu’il la fondoit sur le grand débit d’ouvrages tels que les miens. Pour moi , je me trouvois fort content qu’on m’eût soulagé du fardeau de l’impression et de l’incertitude des jugemens du public , n’ayant garde de murmurer du refus d’un privilège qui me laissoit celui de jouir paisiblement de toute ma paresse. Cependant, monseigneur, puisque vous daignez vous intéresser si obligeamment pour moi, j’aurai l’honneur de vous
< . L’éptlre IV.
2. Bussi-Rabutin avoit écrit au comte de Limoges et au jésuite Rapin pour les prier d'empêcher Boileau d'écrire contre lui.
LETTRES DE BOlLEAtt
porter mou Art •poétique aussitôt qu’il sera achevé, non point pour obtenir un privilège dont je ne me soucie point, mais pour soumettre mon ouvrage aux lumières d’un aussi grand personnage que vous êtes. Je suis , etc.