‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 375 sur 492 · XXXV.— Au RÉVÉREND PÈRE ThOULIER , JÉSUITE · texte numérisé non relu

XXXV.— Au RÉVÉREND PÈRE ThOULIER , JÉSUITE

ntruis, l'abbé d’ouvet.

Paris, <3 août 1709.

Je vous avoue, mon très-révérend père, que je suis fort scandalisé qu’il me faille une attestation par écrit pour désabuser le public, et surtout d’aussi bons connoisseurs que les révérends pères jésuites, que j’aie fait un ouvrage aussi impertinent que la

l. Néricault Destouches, poêle comique, né i Tours en 1680, mort i Melun en 1754.

LETTRES DE BOILEAU

fade èpltre en vers dont vous me parlez. Je m’en vais pourtant vous donner cette attestation, puisque vous le voulez, dans ce billet, où je vous déclare qu’il ne s’est jamais rien fait de plus mauvais , ni de plus sottement injurieux que cette grossière boutade de quelque cuistre de l’Université ; et que , si je l’avois faite , je me mettrois moi -même au-dessous des Coras, de3 Pelletiers et des Cotins. J’ajouterai à cette déclaration , que je n’aurai jamais aucune estime pour ceux qui , ayant lu mes ouvrages , ont pu me soupçonner d’avoir fait cette puérile pièce, fussent-ils jésuites. Je vous en dirois bien davantage si je n’étois pas malade, et si j’en avois la permission de mon médecin. Je vous donne le bonjour, et suis parfaitement , mon révérend père, etc.

Page 1