XXXVII. — AU MÊME
Paris, 4 avril 17(0.
11 n’y a point, mon révérend père, à se plaindre du hasard. Peut-être a-t-il bien fait ; car j’avois répandu fort à la hâte sur le papier les corrections que je vous ai envoyées, et je suis persuadé que j'en aurois rétracté plusieurs dans les entretiens que je prétendois sur cela avoir avec vous. Ainsi , laissant toutes ces corrections, bonnes ou mauvaises, trouvez bon que je me contente de vous remercier de votre agréable présent. Je ne manquerai pas de porter à M. Le Verrier, chez qui je vais aujourd’hui dîner, le volume 1 dont vous m’avez chargé pour lui. Il meurt d’envie de vous donner à dîner, et il faut que nous prenions jour pour cela. Adieu, mon illustre père : aimez-moi toujours, et croyez que je ne perdrai jamais la mémoire du service considérable qne vous m’avez rendu , en contribuant si bien à détromper les hommes de l’horrible affront qu’on me vouloit faire, en m’attribuant le plus plat et le plus monstrueux libelle qui ait jamais été fait. Je vous embrasse de tout mon cœur, et suis très-parfaitement....
LETTRES DE BOILEAU A RACINE