‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 379 sur 492 · II. — Racine a Boileau · texte numérisé non relu

II. — Racine a Boileau

. Luxembourg1, 24 mai <687.

eU,re “ aur01t fait beaucoup plus de plaisir si les noulies de votre santé eussent été un peu meilleures. Je vis M. Dodart comme je venois de la recevoir, et la lui montrai. Il m’as-

votrAAVr n aV‘eZ, aUCUn lieu de vous mettre dans l’esprit que tre voix ne reviendra point , et me cita même quantité de gens

sur touAfrhn fort.|leureusement d’un semblable accident. Mais, sur toutes choses, il vous recommande de ne point faire d’effort

pour parler, et, s’il se peut, de n’avoir commerce qu’avec des gens dune oreille fort subtile, ou qui vous entendent à demimot. 11 croît que le sirop d’abricot vous est fort bon et qu’il en faut prendre quelquefois de pur, et très-souvent de mêlé avec de 1 eau, en 1 avalant lentement et goutte à goutte; ne point boire trop frais, ni de vin que fort trempé; du reste vous tenir 1 esprit toujours gai. Voilà à peu près le conseil que M. Meniot me donnoit autrefois. M. Dodart approuve beaucoup votre lait danesse, mais beaucoup plus encore ce que vous dites de la vertu moliniste. Il ne la croit nullement propre à votre mal et assure même qu’elle y serait très-nuisible. Il m’ordonne presque toujours les mêmes choses pour mon mal de gorge, qui va toujours son même train; il me conseille un régime qui peut-être me pourra guérir dans deux ans, mais qui infailliblement me rendra dans deux mois de la taille dont vous voyez qu’est H. Dodart lui-même. M. Félix étoit présent à toutes ces ordonnances qu il a fort approuvées; et il a aussi demandé des remèdes pour sa santé , se croyant le plus malade de nous trois. Je vous ai mandé qu il avoit visité la boucherie de Châlons. Il est, à l’heure que je vous parle, au marché, où il m’a dit qu’il avoit’rencontré ce matin des écrevisses de fort bonne mine.

• X°yage es* Pr°l°ngé de trois jours , et on demeurera ici jusqu à lundi prochain. Le prétexte est la rougeole de M. le comte de Toulouse4; mais le vrai est apparemment que le roi a pris goût à sa conquête5, et qu’il n’est pas fâché de l’examiner tout

t . La Bruyère. — î. Racine y suivoit le roi. — 3 Médecin du roi.

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