‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 416 sur 492 · M. de Lorges prit Pforzeim le 16 septembre · texte numérisé non relu

M. de Lorges prit Pforzeim le 16 septembre

CORRESPONDANCE

lach, les Allemands ont voulu s’avancer pour la secourir. H a eu avis qu’un corps de quarante escadrons avoit pris les devans , et n’étoit qu’à une lieue et demie de lui, ayant devant eux un ruisseau assez difficile à passer. La ville a été prise dès le premier jour, et cinq cents hommes qui étoient dedans ont été faits prisonniers de guerre.

Le lendemain M. de Lorges a marché avec toute son armée sur ces quarante escadrons que je vous ai dits , et a fait d’abord passer le ruisseau à seize de ses escadrons soutenus du reste de la cavalerie. Les ennemis, voyant qu’on alloit à eux avec cette vigueur, s’en sont fuis à vau-de-route , abandonnant leurs tentes et leur bagage, qui a été pillé. On leur a pris deux pièces de canon, deux paires de timbales, et neuf étendards , quantité d’officiers, entre autres leur général, qui est oncle de M. de Wirtemberg. et administrateur de ce duché , un général major de Bavière , et plus de treize cents cavaliers. Ils en ont eu près de neuf cents tués sur la place. Il ne nous en a coûté qu’un maréchal des logis, un cavalier. et six dragons. M. de Lorges a abandonné au pillage la ville de Pforzheim, et une autre petite ville auprès de laquelle étoient campés les ennemis. Ç’a été. comme vous voyez, une déroute; et il n’y a pas eu, à proprement parler, aucun coup de tiré de leur part : tout ce qu’on a pris et tué, ç’a été en les poursuivant.

Le prince d’Orange est parti pour la Hollande. Son armée s’est rapprochée de Gand , et apparemment se séparera bientôt. M. de Luxembourg me mande qu’il est en parfaite santé. Le roi se porte à merveille.

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