‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 442 sur 492 · Epigramme XXX · texte numérisé non relu

Epigramme XXX

LETTRES DE BOILEAU

rémonies , et ces grands espaces de papier vides d’écriture à toutes les pages ; et ne me donnez point , par le3 termes respectueux dont vous m’accablez, occasion de vous dire :

Fü te, Sexte, colt: volebam amare'.

En un mot, monsieur, mettez-moi en droit, par la première lettre que vous me ferez l’honneur de m’écrire , de n’être plus obligé de vous dire si respectueusement que je suis , etc.

Paris, B mai 4 699.

Vous vous figurez bien , monsieur , que dans l’affliction J et dans l’accablement d’affaires où je suis , je n’ai guère le temps d’écrire de longues lettres. J’espère donc que vous me pardonnerez si je ne vous écris qu’un mot, et seulement pour vous instruire de ce que vous me demandez. Je ne suis point encore à Auteuil, parce que mes affaires et ma santé même , qui est fort altérée . ne me permettent pas d’y aller respirer l’air , qui est encore très-froid , malgré la saison avancée, et dont ma poitrine ne s’accommode pas. J’ai pourtant été à Versailles , où j'ai vu Mme de Maintenon , et le roi ensuite , qui m’a comblé de bonnes paroles : ainsi me voilà plus historiographe que jamais. Sa Majesté m’a parlé de M. Racine d’une manière à donner envie aux courtisans de mourir. s’ils croyoient qu’elle parlât d’eux de la sorte après leur mort. Cependant cela m’a très-peu consolé de la perte de cet illustre ami, qui n’en est pas moins mort, quoique regretté du plus grand roi de l’univers.

Pour mon affaire de la noblesse , je l’ai gagnée avec éloge , du vivant même de M. Racine, et j’en ai l’arrêt en bonne forme, qui me déclare noble de quatre cents ans. M. de Pommereu , président de l’assemblée , fit en ma présence , l’assemblée tenant , une réprimande à l’avocat des traitans , et lui dit ces propres mots : « Le roi veut bien que vous poursuiviez les faux nobles de son royaume; mais il ne vous a pas pour cela donné permission d’inquiéter des gens d’une noblesse aussi avérée que sont ceux dont nous venons d’examiner les titres. Que cela ne vous arrive plus. » Je ne sais si M. Perrachon1 a de meilleures preuves de sa noblesse que cela, et je ne vois pas qu’il les ait rapportées dans son livre*. Adieu, monsieur, croyez que je suis très-affectueusement....

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