Question qu’on agiloit alors dans l’Académie françoise
2. A propos de ces vers de l’ode de Boileau sur la prise de Namur
La plume qui sur sa télé Attire tous les regards, etc.;
Brossette avoit parlé , à l’Académie de Lyon , d’un dieu égyptien qui portoit sur la tête une plume royale. Ce dieu est appelé xvvjcp par Eusèbe, Præpar. evangel., liv. III, cliap. n.
LETTRES DE BOILEAU
Pari», 20 mars 170»,
Il me semble , monsieur , qu’il y a assez longtemps que nous sommes amis , pour n’être plus l’un avec l'autre à ces termes de respect que vous me prodiguez dans votre dernière lettre. Par quel procédé ridicule puis-je me les être attirés , et suis-je à votre égard ce Sextus de Martial , à qui il disoit :
Fis te, S ex te , colt; volebam amare?
Je serois bien fâché , monsieur , que vous en usassiez avec moi de la sorte , et je ne me consolerois pas aisément de la métamorphose d'un ami aussi commode et aussi obligeant que vous , en un courtisan respectueux. Ainsi, monsieur, sans vous rendre complimens pour complimens, trouvez bon que je vous dise trèsfamilièrement que si j’ai été si longtemps à répondre à vos dernières lettres, c'est que j’ai été malade et incommodé, et que je le suis encore ; que c’est ce qui fait que je ne vous écris que ce mot , pour vous faire ressouvenir de la passion avec laquelle je suis, etc.
P. S. Faites-moi la faveur de me mander par quelle voie je pourrai vous envoyer ma nouvelle édition , qui voit le jour avec succès. Mais surtout faites-moi savoir à qui vous voulez que je donne l’argent que vous avez déboursé pour moi à votre peu heureuse loterie. Je l’ai mis à part, et j’étois consolé de sa perte avant que de l’avoir perdu.
Paris, <8 mai 4701.
Je me sens si coupable envers vous, monsieur, et j’ai tant de pardons à vous demander , que vous trouverez bon que je ne vous en demande aucun , et que je me contente de vous dire ce que disoit le bon homme Horace à son ami Lollius : « Vous avez acheté en moi, par vos bontés et par vos présens, un serviteur très-imparfait et très-mal propre à s’acquitter des devoirs de la vie civile ; mais enfin vous l’avez acheté , et il le faut garder tel qu’il est. »
Prudent emisti vitiontm , dicta tibi est lex '.
Mes excuses ainsi faites, je vous dirai, monsieur, que j’ai lu avec grand plaisir l’exacte relation que vous m’avez envoyée de la réception de nos deux jeunes princes * dans votre illustre ville , et que je ne l’aurois pas , à mon sens , mieux vue , cette réception , quand j’aurois été à la meilleure fenêtre de votre hôtel de ville. L’excessive dépense qu’on y a faite m’a paru d’autant plus belle .