Tragédie de P. Corneille, jouée en
3. Patelain, dans certaines éditions, P***, en quelques autres. Pourquoi, dit Chapelain, défigurer mon nom? C’étoil le seul point dont il se plaignit, suivant Louis Racine.
4. G. L. Guez de Balzac naquit, en 1594, a Angoulême. Richelieu le Di conseiller d’étal et lui donna une pension de deux mille livres. Eu 1635 , il fut l’un des premiers membres de l’Académie françoiae.
SATIRE IX
Distillé sur sa vie un venin dangereux?
Ma muse en l’attaquant, charitable et discrète,
Sait de l’homme d’honneur distinguer le poète. Qu’on vante en lui la foi, l’honneur, la probité; Qu’on prise sa candeur et sa civilité;
Qu’il soit doux, complaisant, officieux, sincère ;
On le veut, j’y souscris, et suis prêt de me taire. Mais que pour un modèle on montre ses écrits; Qu’il soit le mieux renté de tous les beaux esprits 1 . Comme roi des auteurs qu’on l'clève à l’empire :
Ma bile alors s’échauffe, et je brûle d'écrire;
Et, s’il ne m’est permis de le dire au ftapier,
J’irai creuser la terre, et, comme ce barbier.
Faire dire aux roseaux par un nouvel organe :
« Midas , le roi Midas a des oreilles d’âne. »
Quel tort lui fais-je enfin? Ai-je par un écrit Pétrifié sa veine et glacé son esprit?
Quand un livre au Palais se vend et se débite.
Que chacun par ses yeux juge de son mérite ,
Que Bilaine1 l’étale au deuxième pilier,
Le dégoût d’un censeur peut-il le décrier?
En vain contre le Cid, un ministre se ligue :
Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue. L’Académie en corps3 a beau le censurer :
Le public révolté s'obstine à l’admirer.
Mais lorsque Chapelain met une œuvre en lumière, Chaque lecteur d’abord lui devient un Linière*.
En vain il a reçu l’encens de mille auteurs :
Son livre en paroissant dément tous ses flatteurs. Ainsi . sans m’accuser, quand tout Paris le joue, Qu’il s’en prenne à ses vers que Phébus désavoue; Qu’il s’en prenne à sa muse allemande en françois. Mais laissons Chapelain pour la dernière fois.
La satire, dit-on, est un métier funeste,
Qui plaît à quelques gens , et choque tout le reste. La suite en est à craindre : en ce hardi métier La peut- plus d’une fois fit repentir Regnier.
Quittez ces vains plaisirs dont l’appât vous abuse A de plus doux emplois occupez votre muse;
Et laissez à Feuillet1 réformer l’univers.
4 . Chapelain avoit de divers endroits huit mille livres de pension. (B.) ‘2 Libraire du palais. (B.)