Voyez l 'Histoire de l’Academie, par Pellisson (B
4. Auteur qui a écrit contre Chapelain. (B.) — Linière avoit composé une épigramme contre U Pucelle avant 1067.
& Feuillet , véhément sermonneur et docteur rigide, étoit un très-grux
Satire ix.
Et sur quoi donc faut-il que s’exercent mes vers?
Irai-je dans une ode, en phrases de Malherbe1,
Troubler dans ses roseaux le Danube superbe ;
Délivrer de Sion le peuple gémissant;
Faire trembler Memphis, ou pâlir le croissant;
Et, passant du Jourdain les ondes alarmées,
Cueillir mal à propos, les palmes idumées?
Viendrai -je en une églogue, entouré de troupeaux,
Au milieu de Paris enfler mes chalumeaux ,
Et , dans mon cabinet assis au pied des hêtres ,
Faire dire aux échos des sottises champêtres?
Faudra-t-il de sang-froid , et sans être amoureux ,
Pour quelque Iris en l’air faire le langoureux,
Lui prodiguer les noms de Soleil et d’Aurore,
Et, toujours bien mangeant, mourir par métaphore?
Je laisse aux doucereux ce langage affété ,
Où s’endort un esprit de mollesse hébété.
La satire , en leçons , en nouveautés fertile ,
Sait seule assaisonner le plaisant et l’utile ,
Et, d’un vers qu’elle épure aux rayons du bon sens,
Détromper les esprits des erreurs de leur temps.
Elle seule, bravant l’orgueil et l’injustice,
Va jusque sous le dais faire pâlir le vice;
Et souvent sans rien craindre, à l’aide d’un bon mot,
Va venger la raison des attentats d’un sot.
C’est ainsi que Lucile’, appuyé de Lélie1,
Fit justice en son temps des Cotins d’Italie ,
Et qu’Horace, jetant le sel à pleines mains,
Se jouoit aux dépens des Pelletiers romains.
C’est elle qui, m’ouvrant le chemin qu’il faut suivre,
M’inspira dès quinze ans la haine d’un sot livre;
Et sur ce mont fameux, où j’osai la chercher,
Fortifia mes pas et m’apprit à marcher.
C’est pour elle, en un mot, que j’ai fait vœu d’écrire.
Toutefois, s’il le faut, je veux bien m’en dédire,
Et , pour calmer enfin tous ces flots d’ennemis ,
Réparer en mes vers les maux qu’ils ont commis.
Puisque vous le voulez, je vais changer de style.
chanoine de Saint-Cloud. Boileau demandoit un jour, devant Mlle de Lamoignon , si l’embonpoint de Feuillet ne contrastoil paa un peu trop avec l'austérité de la morale qu’il préchoit aux autres, a Oh! répondit lu charitable demoiselle, on dit qu’il commence à devenir maigre. »
4 . Brossette dit que Despréaux veut désigner ici Charles du Perrier. Ce versificateur, qui mourut en (692, faisoit des odes dans lesquelles il aüectoit d'imiter ou plutôt de copier les phrasesde Malherbe. Voy. ép. I , v. 26-28.