‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 452 sur 492 · Mort en 1 585 ; il n’a guère écrit qu’en latin · texte numérisé non relu

Mort en 1 585 ; il n’a guère écrit qu’en latin

4. Le père Albal d'Augières, jésuite. Ces vers latins éloient destinés à être placés au bas d’une statue équestre de Louis XIV.

LETTRES DE BOILEAU

de s’exercer. Faites-moi la faveur de m’écrire le résultat de sa conférence sur cet article , et croyez que c’est très-affectueusement que je suis....

P. S. Je crois que vous avez reçu à l’heure qu’il est mon édition en petit.

Paris, <0 décembre <701.

Je pourrois, monsieur, vous alléguer d’assez bonnes excuses du long temps que j’ai été sans vous écrire et vous dire que j’ai eu durant ce temps-là affaires, procès et maladies; mais je suis si sûr de mon pardon , que je ne crois pas même nécessaire de vous le demander. Ainsi, pour répondre à la dernière lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire , je vous dirai que je l’ai reçue avec les deux ouvrages qui y étoient enfermés. J’ai aussitôt examiné ces deux ouvrages , et je vous avoue que j’en ai été très-peu satisfait.

Celui qui porte pour titre l’Esprit des cours vient d’un auteur1 qui a , selon moi , plus de malin vouloir que d’esprit , et qui parle souvent de ce qu’il ne sait point. C’est un mauvais imitateur du gazetier de Hollande , et qui croit que c’est bien parler, que de parler mal de toutes choses.

A l’égard du Chapelain décoiffé, c’est une pièce où je vous confesse que M. Racine et moi avons eu quelque part; mais nous n’y avons jamais travaillé qu’à table , et le verre à la main. Il n’a pas été proprement fait currente calamo, mais currente lagena, et nous n'en avons jamais écrit un seul mot. Il n’étoit point comme celui que vous m’avez envoyé , qui a été vraisemblablement composé après coup, par des gens qui avoient retenu quelques-unes de nos pensées , mais qui y ont mêlé des bassesses insupportables. Je n’y ai reconnu de moi que ce trait ;

Mille et mille papiers dont ta table est couverte ,

Semblent porter écrit le destin de ma perte;

et celui-ci :

En cet affront La Serre est le tondeur ,

• Et le tondu , père de la Pucelle.

Celui qui avoit le plus de part à cette pièce , c’étoit Furetière , et c’est de lui :

O perruque ma mie !

N’as- tu donc tant vécu que pour cette infamie?

Voilà, monsieur, toutes les lumières que je vous puis donner sur cet ouvrage, qui n'est ni de moi, ni digne de moi. Je vous prie donc de bien détromper ceux qui me l’attribuent. Je vous le renvoie par cet ordinaire.

<• tiucudevillc.

A BROSSETTE

J’attends la décision de vos messieurs sur la prononciation du latin, et je ne vous cacherai point qu’ayant proposé ma question à l’Académie des médailles , il a été décidé tout d’une voix que nous ne le savions point prononcer, et que, s’il revenoit au monde un ctVix latinus du temps d'Auguste , il riroit à gorge déployée en entendant un François parler latin , et lui demanderoit peut-être quelle langue parlez-vous là? Au reste, à propos de l’ Académie des médailles , je suis bien aise de vous avertir qu’il n’est point vrai que j’en sois ni pensionnaire ni directeur , et que je suis tout au plus , quoi qu’en dise l’écrit que vous avez vu , un volontaire qui y va quand il veut , mais qui ne touche pour cela aucun argent. Je vous éclaircirai tout ce mystère, si j’ai jamais l’honneur de vous voir. Cependant faites-moi la faveur de m’aimer toujours, et de croire que, tout négligent que je suis, je ne laisse pas d’être très-cordialement....

Paris, 29 décembre 4701.

Voici la première où je ne vous ferai point d’excuses, puisque je réponds à celle que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, deux jours après que je l’ai reçue. Je ne vois pas sur quoi votre savant peut fonder l’explication forcée qu’il donne au vers d’Homère 1 , puisque Phérécyde vivoit près de deux cents ans après Homère, et qu’il n’y a pas d’apparence qu’Homère ait parlé d’un cadran qui n’étoit point de son temps. Je n’ai jamais rien lu de Bochart’ ; et s’il est vrai qu’il soutienne une explication si extravagante, cela ne me donne pas une grande envie de le lire. Je ne fais pas grande estime de tous ces savantas qui croient se distinguer des autres interprètes, en donnant un sens nouveau et recherché aux endroits les plus clairs et les plus faciles- et c’est d’eux qu’on peut dire :

Faeiunt næ intelligendo ut nihxl intelligant 3.

Pour ce qui est des chiens* qui ont vécu plus de vingt et deux ans, je vous en citerai un garant, dont je çloute que M. Perrault lui-même ose contester le témoignage : c’est Louis le Grand, roi de France et de Navarre , qui en a eu un qui a vécu jusqu’à vingttrois ans. Tout ce que M. Perrault peut dire, c’est que ce prince est accoutumé aux miracles et à des événemens qui n’arrivent qu’à lui seul , et qu’ainsi ce qui lui est arrivé ne peut pas être

4. 'Qpnr/i*)( xa.Bù’KtpQtv l$i tponoti rjtXioio , Odjruée , XV, *0S. Brossent avoit écrit à Boileau qu’un savant prélendoit que ce vers grec faisoit allusion au cadran que Phérécyde avoit failjians l’Ile de Scyros.

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