‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 455 sur 492 · Sur la délivrance de Cremone, par le jésuite (l’Augières · texte numérisé non relu

Sur la délivrance de Cremone, par le jésuite (l’Augières

10. Charles Cuffin, auteur de vers latins et de harangues latines.

624 LETTRES DE BOILEAU

latine très-jolie pour moi, et en considération de laquelle je lui avois fait présent de mon livre.

Paris, < 5 juillet 4702.

Vous êtes un homme merveilleux , monsieur : c’est moi qui suis coupable , et coupable par excès . envers vous ; cependant c’est vous qui m’écrivez des excuses. J’ai manqué à répondre à trois de vos lettres ; et , au lieu de me quereller , vous me dites des douceurs à outrance ; vous m’envoyez des présens ; et si je vous en crois, je suis en droit de me plaindre. Je vois bien ce que c’est : vous lisez dans mon cœur ; et comme vous y voyez bien les remords que j’ai d’avoir été si peu exact à votre égard, vous êtes bien aise de m’en délivrer , en me persuadant que vous avez été aussi très-négligent de votre côté. Vous ne songez pas néanmoins que par là vous m’autorisez à ne vous écrire que lorsque la fantaisie m’en prend et à couronner mes fautes par de nouvelles fautes. Aujourd’hui pourtant je n’en commettrai pas une si lourde, que de tarder à vous remercier du précieux présent que vous m’avez fait du livre de votre illustre ami1. Je vous réponds que je le lirai exactement, et que je vous en rendrai le compte que je dois. Il m’est fort honorable qu’un si savant homme souhaite d’avoir mon suffrage. Vous le pouvez assurer que je le lui donnerai dans peu avec grand plaisir, et que ce suffrage sera alors d'un bien plus grand poids qu’il n'est maintenant, puisque j’aurai lu son livre , et que je serai par conséquent beaucoup plus habile que je ne le suis.

Pour ce qui est des particularités dont vous me demandez l’éclaircissement, je vous dirai que le sonnet3 a été fait sur une de mes nièces qui étoit à peu près du même âge que moi , et que le charlatan étoit un fameux médecin de la Faculté. Elle étoit sœur de M. Dongois greffier, et avoit beaucoup d’esprit. J’ai composé ce sonnet dans le temps de ma plus grande force poétique, en partie pour montrer qu’on peut parler d’amitié en vers aussi bien que d’amour, et que les choses innocentes s’y peuvent aussi bien exprimer que toutes les maiimes odieuses de la morale lubrique des opéras. A l’égard de l'épigramme à Climène1, c’est un ouvrage de ma première jeunesse, et un caprice imaginé pour dire quelque chose de nouveau. Pour la chanson4, elle a été effectivement faite à Bâville, dans le temps des noces de M. de Bâville , aujourd’hui intendant de Languedoc. Les trois muses étoient

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