‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 456 sur 492 · Pensant à notre mariage, etc · texte numérisé non relu

Pensant à notre mariage, etc

A BROSSETTE

Mme de Chalucet, mère de Mme de Bâville ; une Mme Hélyot, espèce de bourgeoise renforcée , qui avoit acquis une assez grande familiarité avec M. le premier président, dont elle étoit voisine à Paris, et qui avoit une terre assez proche de Bâville ; la troisième étoit une Mme de La Ville, femme d’un fameux traitant, pour laquelle M. de Lamoignon, aujourd’hui président au mortier, avoit alors quelque inclination. Celle-ci ayant chanté à table une chanson à boire dont l’air étoit fort joli , mais les paroles très-méchantes , tous les conviés , et le père Bourdaloue entre autres , qui étoit de la noce aussi bien que le père Rapin , m’exhortèrent à y faire de nouvelles paroles; et je leur rapportai le lendemain les quatre couplets dont il est question. Ils réussirent fort, à la réserve des deux derniers qui firent un peu refrogaer le père Bourdaloue. Pour le père Rapin , il entendit raillerie , et obligea même le père Bourdaloue à l’entendre aussi. Voilà, monsieur, tous vos mystères débrouillés. Au lieu de

Trois muses en habit de ville

il y avoit :

Chalucet , Hélyot , La Ville.

(M. d’Arbouville qui vient après, étoit un gentilhomme, parent de M. le premier président; il bu voit volontiers à plein verre.)

On ne m’a pas fort accablé d’éloges sur le sonnet de ma parente ; cependant , monsieur , oserois-je vous dire que c’est une des choses de ma façon dont je m’applaudis le plus , et que je ne crois pas avoir rien dit de plus gracieux que :

A ses jeux innocens , enfant associé , et

Rompit de ses beaux jours le fil trop délié, et

Fut le premier démon qui m’inspira des vers ?

C’est à vous à en juger. Je suis, etc....

Paris, 7 janvier 1703.

J’attendois , monsieur , à vous récrire lorsque j’aurois reçu vos magnifiques présens , afin de vous répondre en des termes proportionnés à la grandeur de vos fromages ; mais le messager ayant dit à Planson 1 qu’ils ne pouvoient encore arriver de longtemps , je n’ai pas cru devoir différer davantage à vous en faire mes remerclmens. Je vous dirai donc par avance , qu’en comblant ainsi de vos dons l’auteur que vous avez entrepris de commenter , vous ne jouez pas simplement le personnage de Servius et d’Asconius

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