‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 458 sur 492 · Madeleine de Scudéri · texte numérisé non relu

Madeleine de Scudéri

3. Dans le Grand dictionnaire historique des précieuses , par de So-

UUIZo.

A BROSSETTE

faits du lait de la chèvre céleste, ou de celui de la vache Io; que votre jambon étoit un membre détaché du sanglier d’Êrimanlhe : mais pour moi qui vais un peu plus terre à terre , vous trouverez bon que je me contente de vous dire que vous vous moquez de m’envoyer tant de choses à la fois; que si honnêtement j’avois pu les refuser, vos présens seroient retournés à Lyon; que cependant je ne laisse pas d’en avoir toute la reconnoissance que je dois, et qu’on ne peut être plus que je le-suis, etc.

P. S. Pour vos Mémoires de la république des lettres' , franchement ils sont bien inférieurs au jambon et aux fromages; et l’auteur y est si grossièrement partial que je ne saurais trouver aucun goût dans ses ouvrages, quoique bien écrits. Je suis si accablé d’affaires que je ne saurais vous écrire que ce peu de mots.

Paris , 4 mars 1703.

Je trouvai hier mon frère le chanoine de la Sainte-Chapelle , qui vous écrivoit une lettre avec laquelle il prétendoit vous envoyer la requête présentée par le chantre Barrin, au sujet du pupitre mis sur son banc. Cela me couvrit de confusion, en me faisant ressouvenir du long temps qu’il y a que je ne vous ai donné aucun signe de vie par mes lettres. En effet, c’est une chose étrange que tout le monde étant exact à vous répondre , ' celui-là seul qui a le plus de raison de l’être ne le soit point. Il me semble cependant que c’est votre faute, puisque c’est votre trop grande facilité à me pardonner mes négligences qui me rend négligent. Mais quoil bien loin de m’accuser de mon peu de soin , peu s'en faut que vous ne vous excusiez de votre trop d’exactitude. Encore ne vous bornez-vous pas aux seules excuses-, mais vous les accompagnez de jambons et de fromages , qui feraient tout excuser, quand même vous auriez tort. Pour tâcher donc à réparer un peu mes fautes passées , voici les vers que vous me demandez, faits sur ce vers de l’Anthologie (car il y est tout seulj :

’HmSov (xtv tyùv, i/âpao-et 6* ôtïo; ’0[ir,po;.

Quand la dernière fois dans le sacré vallon,

La troupe des nœuf Sœurs, par l’ordre d’Apollon,

Lut l’Iliade et l'Odyssée ,

Chacune à les louer se montrant empressée,

« De leur auteur, dit-il, apprenez le vrai nom :

Jadis avec Homère aux rives du Permesse,

Dans ce bois de lauriers où seul il me suivoit,

Je les fis toutes deui, plein d’une douce ivresse:

Je chantois, Homère écrivoit. »

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