XXVI
Paris, 28 mai t703.
J’arrive à Paris, d’Auteuil où je suis maintenant habitué, et où j’ai laissé votre dernière lettre que j'y ai reçue. Ainsi je vous écris, monsieur, sans l'avoir devant les yeux. Je me souviens bien pourtant que vous y attaquez fortement ce que je dis dans mon Lutrin, de la guêpe qui meurt du coup dont elle pique son ennemi. Vous prétendez que je lui donne ce qui n’appartient qu’aux abeilles, qui vit am in vulnere ponunt; mais je ne vois pas pourquoi vous voulez qu’il n’en soit pas de même de la guêpe qui est une espèce d’abeille bâtarde, que de la véritable abeille, puisque personne sur cela n'a jamais dit le contraire, et que jamais on n'a fait à mon vers l’objection que vous lui faites. Je ne vous cacherai point pourtant que je ne crois cette prétendue mort vraie ni de l’abeille ni de la guêpe; et que tout cela n’est à mon avis, qu’un discours populaire, dont il n’y a aucune certitude : mais il ne faut pas d’autre autorité à un poète pour embellir son