‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 465 sur 492 · I. ‘Art poétique, chant IV, vers 17. — 3. Acte IV, scène v · texte numérisé non relu

I. ‘Art poétique, chant IV, vers 17. — 3. Acte IV, scène v

3, Chant VI, vers 67-70.

A BROSSETTE

dire que de se faire ces objections, c’est se chicaner soi-même mal à propos, et ne vouloir pas voir clair en plein midi. Je ne vous parle point de la difficulté que vous me faites sur ce vers :

Que votre esprit, vos mœurs, peints dans tous vos ouvrages, puisqu’il m’est fort indifférent que vous mettiez celui-là , ou

Que votre âme et vos mœurs peintes dans vos ouvrages. . . .

Il n’est pas vrai pourtant que la construction grammaticale ne soit pas dans le premier de ces deux vers, où la noblesse du genre masculin l’emporte, et qu’on ne puisse fort bien dire en françois . Mari et les Grâces étoient peints dans ce tableau. On peut pourtant dire aussi étoient peintes, mais peints est le plus régulier : et pour ce qui est de ce que vous prétendez qu il s agit Là ne l’dme et non point de V esprit , trouvez bon que je vous fasse souvenir que le mot d’esprit , joint avec le mot de mœurs , signifie aussi l'âme; et qu’un esprit bas, sordide, tngaud , etc. , veut dire la même chose qu’une âme basse, sordide, etc.... Avouez donc, monsieur, que dans toutes ces critiques vous vous montrez un peu trop subtil , et que vous êtes à mon égard en cela Pair u patruissimus. Mais je commence à m’apercevoir que je suis moimême bien peu subtil de ne pas reconnoître que vous les avez fhites pour m’exciter à parler , et qu’il n’êtoit pas nécessa’^ * répondre sérieusement. Que voulez-vous? un auteur est toujours auteur, surtout quand on le blesse dans une partie aussi sensible nue ses ouvrages, et ses ouvrages imprimés: mais laissons-les là.

’ « «c bien coqs dire pourquoi M. de Urnoignon <j»

point accepté la place qu'on lui vouloit

Il m'a mandé qu’il ne pouvoit pas se résoudre à louer M. p«rra““* auquel on le faisoit succéder, et dont, selon les règles, il auro t étéq obligé de faire l’éloge dans sa harangue; mais cest une plai- Ïnterie Quoi qu’il en soit, l’Académie, à mon avis, a suffisamment réparé cet affront, en élisant à sa place M. le coadjuteur de «rasbourg prince d’un très-grand mérite et d’une très-grande condition f nui en a témoigné une très-grande reconnaissance , însnu’à aller rendre exactement visite à tous ceux qui lui on Sné leur voi ™„latia victis. Je suis ravi qu’un petit mot dans dernière lettre ait un peu contribué au rétablissement de la

té ae l’illustre M. Puget. Si mes paroles ont cette vertu ma- Se je ne m’en applaudirai pas moins que si elles «voient le

pouvoir de faire descendre la lune du c,el u^gdVmployer aussi Lunes responsa daturos. Je vous conjure donc d emplojer aussi me* paroles à me conserver toujours dans le souvenir de M.P îichon. J’ai reçu une lettre de M. de Mervezm* presque en même

, . Mon en ml, auteur d'une Histoire de la poésie, française .

LETTRES DE BOILEAU

temps qu’on m’a rendu la vôtre. Il est homme de mérite, et m’a paru plus que content de votre bonne réception. Je suis....

P. S. Comme vous ne sauriez goûter mon épigramme de l’Anthologie en françois , j’ai cru vous devoir envoyer la traduction qu’en a faite en grec l’illustre et le savant M. Boivin. Elle est écrite de sa main , avec quelques vers françois de sa façon qu’il a imités des vers grecs d’un ancien Père de l’Église , et qui sont au dos de l’épigramme. Vous jugerez par là, monsieur , de son double mérite. Il prétend citer quelque jour cette épigramme dans quelques notes savantes, et la faire passer pour un original tiré d’un manuscrit de la Bibliothequ* du roi, dont il est gardien. Je ne sais s’il fera cette folie; mais combien pensez-vous que nous avons peut-être d’ouvrages donnés de la sorte?

Auteull, 29 septembre 4703.

J’ai été , monsieur , si accablé d’affaires depuis quelque temps , que je n’ai pas eu le loisir de faire la chose qui m’est la plus agréable , je veux dire de m’entretenir avec vous. Je m’en serois même encore dispensé aujourd’hui, si, tout d’un coup, en relisant votre dernière lettre que j’ai trouvée sur ma table , je n’eusse fait réflexion que vous imputeriez peut-être mon silence au chagrin que vous croyez que j’ai conçu de vos critiques. Je vous assure pourtant que je n’en ai eu aucun , et que j’ai été d’autant moins capable d’en avoir , que j’ai bien vu , comme je vous l’ai , ce me semble, témoigné, que vous ne me les faisiez qu’afin de vous divertir et de me faire parler. J’ai trouvé un peu étrange , je l’avoue, que vous me voulussiez mettre en société de style avec Charpentier, l’un des hommes du monde avec lequel je m’accordois le moins , et qui toute sa vie , à mon sens , et même en sa vieillesse, a eu le style le plus écolier; mais cela n’a point fait que je vous aie voulu aucun mal. Et qu’ai-je fait effectivement , à propos de vos censures , autre chose que vous comparer à M. Patru et à M. Racine? Est-ce que la comparaison vous déplaît?

Pour vous montrer même combien je suis éloigné de me choquer de vos critiques , je m’en vais vous écrire ici une énigme que j’ai faite à l’âge de dix-sept ans , et qui est pour ainsi dire mon premier ouvrage. Je l’avois oubliée, et je m'en souvins le dernier jour en allant voir une maison que feu mon père avoit au pied de Montmartre*, où je composai ce bel ouvrage. Je vous l’envoie, afin que vous l’examiniez à la rigueur; mais, pour me venger de votre sévérité, je ne vous dirai le mot de l’énigme , qu'à la première fois que je vous récrirai , afin de me venger de la peine que

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