Horace, liv I, ode XXXI, ver
A BROSSETTE
ront même loués, à messieurs de Trévoux près, que je n’y nommerai pourtant point, quoiqu’ils m’aient attaqué par mes propres noms et surnoms. Mais quoi?
Aujourd’hui vieux lion, je suis doux et traitable'.
Adieu, mon illustre monsieur, aimez-moi toujours, et croyez que je suis très-affectueusement , etc.
Auteuil, 12 août 1707.
Je ne saurois, monsieur, assez vous marquer la honte que j’ai d’avoir été si longtemps à répondre à vos agréables lettres; mais, grâce à votre bonté , je suis si sûr de mon pardon , que je ne sais pas même si pour l’obtenir je suis obligé de le demander. La vérité est pourtant que j’ai été malade , et que je ne suis pas encore bien guéri de plusieurs infirmités que j’ai eues depuis six mois, et qui ne m’ont que trop bien prouvé que j’ai soixante et dix ans.
Mais venons à votre dernière lettre, ou plutôt à votre dernière dissertation. J’avoue que reslituere est le vrai mot des médailles, pour dire qu’on a rétabli un ouvrage qui tomboit en ruine ; mais je ne sais si on peut se servir de ce mot pour un ouvrage qu’on transporte ailleurs; et c’est ce qui a fait que je vous ai proposé le mot d’instaurare , qui est un mot très-reçu dans la bonne latinité; car pour le mot deresfaurare il me paroît du Bas-Empire. A mon avis , néanmoins , reslituere ne gâtera rien , et vous pouvez choisir.
Je suis ravi que messieurs de Lyon aient si bonne opinion de moi, et que mes ouvrages puissent paroître sans crainte Lugdunensem ad aram. Le public et mes libraires surtout me pressent fort d’en donner une nouvelle édition in-4° , et je vous réponds, si je me résous à leur complaire, qu’elle sera du caractère que vous souhaitez; mais franchement, aujourd’hui je fuis autant le bruit que je l’ai cherché autrefois , et je sens bien que les additions que j’y mettrai ne sauroient manquer d’en exciter beaucoup. J’ai pourtant mis ma satire contre l’Équivoque , adressée à l’Équivoque même, en état de paroître aux yeux mêmes des plus relâchés jésuites, sans qu’ils s’en puissent le moins du monde offenser. Et , pour vous en donner ici par avance une preuve , je vous dirai qu’après y avoir attaqué assez finement les plus affreuses propositions des mauvais casuistes , et celles surtout qui sont condamnées par le pape Innocent XI, voici comme je me reprends :
Enfin ce fut alors que, sans se corriger1,
Tout pécheur.... Mais où vais-je aujourd’hui m’engager?
Veux-je ici , rassemblant un corps de tes maximes ,