I. ÉpUre V, vers <8 — 2. Satire XII, vers
658 LETTRES DE BOILEAU
Donner Soto , Bannez , Diana , mis en rimes ;
Exprimer tes détours burlesquement pieux,
Pour disculper l’impur, le gourmand, l’envieux:
Tes subtils faux-fuyans pour sauver la mollesse,
Le larcin, le duel, le luxe, la paresse;
En un mot, faire voir à fond développés,
Tous ces dogmes affreux d’anathème3 frappés,
Qu'en chaire tous les jours , combattant ton audace , Blâment, plus haut que moi, les vrais enfans d’Ignace?
Je vous écris ce petit échantillon , afin de vous faire concevoir ce que c’est à peu près que la pièce. Je vous prie de ne le confier à personne, et de croire que je suis à outrance, etc.
Paris, 24 novembre 4707.
Je ne vous cacherai point, monsieur, que j’ai été attaqué depuis plus de quatre mois d’un tournoiement de tête qui ne m’a pas permis de m’appliquer à rien, ni même à répondre à des lettres aussi obligeantes et aussi spirituelles que les vôtres. J’avois prié M. Falconet qui me vint voir, il y a assez longtemps, de votre part, à Auteuil, de vous mander mon incommodité , et il s’en étoit chargé; mais je vois bien qu’il n’a pas jugé la chose assez importante pour vous l’écrire, et j’en suis bien aise, puisqu’il est médecin et que c’est signe qu’il n’a pas trop mauvaise opinion de ma maladie. Il m’a paru homme de savoir et de beaucoup d’esprit. Grâces à Dieu , me voilà en quelque sorte guéri , et je ne me ressens plus de mon mal., si ce n’es*, en marchant qu’il me prend quelquefois de petits tournoiemens que j’attribue même plutôt à mes soixante et dix années 1 que j’ai entendues sonner le jour de la Toussaint, qu’à aucune maladie. Je ne me sens pas pourtant encore si bien remis, que j’ose m’engager à vous écrire une longue lettre.
Permettez , monsieur , que je me contente de répondre très-succinctement à ce que vous me demandez. Je vous dirai donc que pour lo livre du père Jean Barnès , je n’en ai point besoin , puisque je sais assez de mal de l'Équivoque , sans qu’on m’en apprenne rien de nouveau, et que j’ai même peur d’en avoir déjà trop dit*.
Pour ce qui est du prétendu bon mot qu’on m’attribue sur M. Racine3, il est entièrement faux, et est sûrement de la fabri-