‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 482 sur 492 · Il en avoil soixante et onze · texte numérisé non relu

Il en avoil soixante et onze

2. Traité contre les équivoques, par le père Jean Barnès, bénédictin, 4625.

3. Boileau répond à ce passage d'une lettre de Brossette : « Bcrtaud (musicien) n’auroit pas cru avoir obligation à M. Racine, pour l’avoir loué sur lo théâtre. »

A BROSSETTE

que de quelque provincial, qui ne sait pas même ce que nous avons fait M. Racine et moi. Et où diable M. Racine a-t-il jamais rien composé qui regarde Atys , ni surtout Bertaud , dont je suis sûr qu’il n’avoit jamais ouï parler?

Pour ce qui est du sonnet ', la vérité est que je le fis presque à la sortie du collège, pour une de mes nièces, environ de même âge que moi , et qui mourut entre les mains d’un charlatan de la Faculté de médecine , âgée de dix-huit ans. Je ne le donnai alors à personne, et je ne sais pas par quelle frtalité il vous est tombé entre les mains , après plus de cinquante ans qu’il y a que je le composai. Les vers en sont assez bien tournés, et je ne le désavouerois pas même encore aujourd’hui , n’étoit une certaine tendresse tirant à l’amour qui y est marquée , qui ne convient point à un oncle pour sa nièce , et qui y convient d’autant moins que jamais amitié ne fut plus pure, ni plus innocente que la nôtre. Mais quoi! je croyois alors que la poésie ne pouvoit parler que d’amour. C’est pour réparer cette faute , et pour montrer qu’on peut parler en vers même de l'amitié enfantine, que j’ai composé, il y a environ quinze ou seize ans, le seul sonnet qui est dans mes ouvrages , et qui commence par :

Nourri dès le berceau près de la jeune Orante, etc.

Vous voilà, je crois, monsieur, bien éclairci. Il n’y a de fautes dans la copie du sonnet , sinon qu’au lieu de

Parmi les doux excès,

il faut :

Parmi les doux transports, et au lieu de :

Hal qu’un si rude coup...,

il faut :

Ah! qu’un si rude coup....

Pour ce qui est des traductions latines que vous voulez que je vous envoie , il y en a un si grand nombre , qu’il faudroit que la poste eût un cheval exprès pour les porter toutes ; et je ne saurais vous les faire tenir que vous ne m’enseigniez un moyen. Adieu, mon cher monsieur; croyez que je suis plus que jamais....

Paris , 6 décembre 1707.

Le croiriez-vous, monsieur? Si j’ai tardé si longtemps à vous remercier de votre magnifique présent, cela ne vient ni de ma

» . Parmi les doux transports d’une amitié fidèle, etc.

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