‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 484 sur 492 · Kn vers latins, par Séb. Dntrcuil, oratorien · texte numérisé non relu

Kn vers latins, par Séb. Dntrcuil, oratorien

A BROSSETTE

moins songé à moi qu’à tous et à tous nos illustres amis. Grâces à Dieu et à la bravoure de vos habitans. nous voilà en sûreté, et on ne verra point entrer dans la seconde ville du royaume l’infidèle Savoyard. Ce n’est point moi qui l’appelle ainsi , mais Horace qui l’a baptisé de ce nom , il y a tantôt deux mille ans , dans l’ode il , o Deorum :

Rebusque novit injidelis Allobrox'.

Mais voilà assez braver le médecin. Permettez , monsieur , que je finisse et que je vous dise que je suis avec plus de reconnoissance que jamais....

Paris, 9 octobre 1708.

Je suis surchargé, monsieur, d’incommodités et de maladies, et les médecins ne me défendent rien tant que l’application. 0 la sotte chose que la vieillesse! Aujourd’hui cependant il n’y a défense qui tienne, et dussé-je violer toutes les règles de la Faculté , il faut que je réponde à votre dernière lettre.

Vous me demandez dans cette lettre comment je crois qu’on doit traduire Meleora orationis. A cela je vous répondrai que, pour vous bien satisfaire sur votre question, il faudrait avoir lu le livre de M. Samuel Werenfels’, aiin de bien concevoir ce qu’il entend par là lui-même , ce mot étant fort vague , et ne voulant dire autre chose qu’un galimatias à perte de vue. Pour moi, quand j’ai traduit dans Longin ces mots , où y ù ù-r, À a AXXà aetcwpa qu’il dit, ce me semble, de l’historien Callisthène, je me suis servi d’une circonlocution, et j’ai traduit que Callisthène ne s’élève pas proprement, mais se guindé si haut qu’on le perd de vue; la langue françoise, à mon avis, n’ayant point de mot qui réponde juste au pttétopa des Grecs, qui est à la vérité une espèce d’enflure, mais une espèce d’enflure particulière que le mot enflure n’exprime pas assez , et qui regarde plus la pensée que les mots. La Pharsale de Brébeuf, à mon avis, est le livre où vous pouvez le plus trouver d’exemples de ces petéajpa. Je me souviens d'avoir lu dans un poète italien5, à propos de deux guerriers qui joutoient l’un contre l’autre , que les éclats de leurs lances volèrent si haut , qu’ils allèrent jusqu’à la région du feu , où ils s’allumèrent et d’où ils retombèrent en cendre sur terre. Voilà un parfait modèle du style peTÉajpa. Du reste, il peut y avoir de l’enflure qui ne soit point \utéu>pa , comme par exemple ce que Démétrius Phaleræus rapporte d’un historien qui, en parlant du ruisseau de Télèbe, rivière environ grande comme celle des Gobelins, se servoit de

I. Horace, liv. V, ode XVI ( Altéra jam teritur). C’est inexactement que Boileau cite l'cde V du V* livre, au lieu de l’ode XVI. a. Né à Eâle, en 1657.

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