Satire VI, vers
A BROSSETTE
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j’y ai trouvé à redire, c’est qu’il représente Meteora oralionit comme un terme reçu cher les rhéteurs pour dire les excès du discours; et cependant ce n’est qu’une figure, à mon avis, hasardée par Longin pour exprimer le style guindé. Aussi ne l’ai-je pas rendu par un mot exprès; meis je me suis contenté de dire du rhéteur que Longin accuse : Il ne s'élève pas proprement , mais il se guindé si haut qu’on le perd de vue. Adieu, mon illustre monsieur ; pardonnez mes ratures et la précipitation avec laquelle je vous écris; et prenez-vous-en à l'obligation où je me trouve de ne me point fatiguer l’esprit, et de ne pas irriter mes tournoiemens de tête. Du reste , soyez bien persuadé que je suis avec plus de passion que jamais....
Puisque j’ai encore cette page , trouvez bon que je vous conjure instamment de faire de nouveau mes recommandations à tous vos illustres magistrats , et de leur bien marquer le respect que j’ai pour eux.
Paris, 2) mai 1700.
Avant, monsieur, que j’eusse reçu votre dernière lettre, M. Bronod m’avoit fait dire qu’il feroit tous ses efforts pour me payer une demi-année avant la fin de juin , mais que si je voulois attendre cinq ou six jours après la Saint-Jean , il répareroit son retardement en me payant l’année entière. Ainsi , monsieur , supposé qu’il me tienne parole , je n’ai qu’à me louer de lui. Vous m’avez fait un plaisir infini , monsieur , de me mander avec quelle ardeur M. Perrichon 1 prend mes intérêts1. Je vois bien qu’il ne compte pas pour un médiocre avantage un peu de mérite qu’il croit voir en moi , et qu’il ne regarde pas comme indigne d’être aimé des honnêtes gens, l’ennemi déclaré des méchans auteurs. Je vous prie de le bien charger de remercîmens de ma part , et de le bien assurer que si Dieu rallume encore en moi quelques étincelles de santé, je les emploierai à faire voir dans mes dernières poésies la reconnoissance que j’ai de toutes ses bontés , aussi bien que de celles de tous vos autres illustres magistrats en qui je reconnois l’esprit de ces fameux ancêtres devant qui pâlissoit
Lugdunensem rhelor dicturus ad aram s.
Mais à quoi je destine principalement ma poésie expirante, c’est à témoigner à toute la postérité les obligations particulières que je voûs ai. J’espère que l’envie de m’acquitter en cela de mon devoir me tiendra lieu d’un nouvel Apollon ; mais en attendant , trouvez bon que je me repose et je ne vous en dise pas même