Bourdaloue avoit prêché contre l’auteur du Tartuffe
4. Le nommé Plapisson qui assistoit, placé sur le théâtre, à une représentation de l'École des Femmes , eut l’insolence de se tourner vers le parterre, en s'écriant : « Bis donc, parterre 1 ris donc. » Molière a retracé ce fait dans la quatrième scène de la petite comédie intitulée : Critique de l’École des Femmes.
ÉPITRE VII
Je songe à chaque trait que ma plume hasarde,
Que d’un œil dangereux leur troupe me regarde.
Je sais sur leurs avis corriger mes erreurs,
Et je mets à profit leurs malignes fureurs.
Sitôt que sur un vice ils pensent me confondre.
C’est en me guérissant que je sais leur répondre :
Et plus en criminel ils pensent m’ériger,
Plus , croissant en vertu , je songe à me venger.
Imite mon exemple ; et lorsqu’une cabale ,
Un flot de yains auteurs follement te ravale ,
Profite de leur haine et de leur mauvais sens, .
Ris du bruit passager de leurs cris impuissans.
Que peut contre tes vers une ignorance vaine?
Le Parnasse françois, ennobli par ta veine.
Contre tous ces complots saura te maintenir,
Et soulever pour toi l’équitable avenir.
Kh ! qui , voyant un jour la douleur vertueuse De Phèdre malgré soi perfide, incestueuse,
D’un si noble travail justement étonné ,
Ne bénira d’abord le siècle fortuné
Qui, rendu plus fameux par tes illustres veilles,
Vit naître sous ta main ces pompeuses merveilles?
Cependant laisse ici gronder quelques censeurs Qu’aigrissent de tes vers les charmantes douceurs.
Et qu’importe à nos vers que Perrin 1 les admire :
Que l’auteur du Jonas 1 s’empresse pour les lire;
Qu’ils charment de Senlis le poète idiot1,
Ou le sec traducteur du françois d’Amyot * :
Pourvu qu’avec éclat leurs rimes débitées
Soient du peuple , des grands , des provinces goûtées ;
Pourvu qu’ils puissent plaire au plus puissant des rois;
Qu’à Chantilli Condé les souffre quelquefois;
Qu’Enghien en soit touché; que Colbert et Vivonne,
Que La Rochefoucauld1, Marsillac* et Pomponne7,
Et mille autres qu’ici je ne puis faire entrer,
A leurs traits délicats se laissent pénétrer?
4. Il a traduit YÉnéide et a fait le premier opéra qui ait paru en France. (B.)