‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 100 sur 631 · A'owi., IV. 20, 21. — 2. T. n, p. 5(53, GS · texte numérisé non relu

A'owi., IV. 20, 21. — 2. T. n, p. 5(53, GS

SUR LES PROMESSES DE JÉSUS-CHRIST A SON ÉGLISE

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On ine fail accroire que j'entreprends de donner des bornes à la promesse de Jésus-Christ par rapport aux Grecs, et on croit avoir droit, à mon exemple, de lui en donner par rapport aax Latins. Mais c'est là une pure chicanerie, et j'ai déjà dit que la promesse de Jésus-Christ n'est astreinte par elle-même , ni aux Grecs , ni aux Latins , ni à aucune nation particulière; mais qu'il suflit, pour la vérilîer, que la succession des apôtres subsiste toujours par toute la terre , en quelque peuple que ce soit. Si on prétend que l'événement démente cette promesse , on argumente contre Jésus-Christ, et on change le sens naturel de ses paroles.

Laissons donc là ce commentaire par l'événement. J'avouerai peut-être que l'événement pourra , en second, servir d'interprète à des prophéties obscures et paraboliques. Mais pour la promesse fondamentale de l'Evangile , qui est conçue en termes si clairs, elle s'interprète elle-même ; et pour toute interprétation , il n'y a qu'à dire : Jésus-Christ est, assez puissant pour faire tout ce qu'il a promis : et la restreindre par l'événement, c'est la démentir.

La promesse de Dieu à Abraham : Je multiplierai ta postérité , était absolue; et Dieu avait déterminé que celle postérité lui serait donnée par Isaac' : le cas arriva qu'Abraham allait immoler par ordre de Dieu; mais ce terrible événement ne lit chercher à Abraham aucune restriction à la promesse : il n'en crut pas moins que sa race lui serait comptée dans cet Isaac qu'il était près d'égorger; à cause qu'il crut, dit saint Paul-, que Dieu le pouvait ressusciter. C'est-à-dire qu'il faut croire tout ce qu'il y a de plus incroyable , plutôt que d'affaiblir des promesses claires, contre leur sens manifeste. Toute puissance m'est donnée : allez donc avec assurance; et sans vous jeter dans la recherche des faits particuliers, croyez d'une ferme foi que votre ouvrage n'aura ni fin ni interruption, puisque c'est moi qui le dis.

CXVII. Absurdité oii, l'on tombe par la doctrine des ministres. — Contre la simplicité, la précision, la clarté de ces paroles , on n'allègue que chicanerie, illusion, dissimulation : on appelle au secours la Synagogue, avec laquelle en ce point l'Eglise chrétienne n'a rien de commun ; on critique chaque parole, el visiblement on ne dit rien : et il demeure si clair, par la promesse de Jésus-Christ , que tout ce qui rompt la chaîne, tout ce qui s'écarte de la ligne delà succession, est schismalique, qu'il a fallu en venir enfin à défendre ouvertement le schisme, à le trouver digne des saints et des prophètes, et à séparer ces grands hommes de la société du peuple de Dieu, et du sacerdoce institué par Moïse. Jugez maintenant, mes frères, qui sont les vrais défenseurs de la promesse de Jésus-Christ, ou ceux qui la prennent comme nous dans toute son étendue , ou ceux qui, contraints d'en déguiser ou violenter toutes les paroles, après y avoir ciierché toutes sortes d'inconvénients, à la fin se laissent forcer à trouver la sainteté dans les schismatiques.

CXVIII. La gloire de l'Eglise catholique. — Au contraire la gloire de l'Eglise ne lui peut être ôtée. Luther et les autres novateurs du seizième siècle savent bien, en leur conscience, qu'ils l'ont trouvée en pleine possession lorsqu'ils s'en sont séparés,

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