T.it, p. GIO, 611,612,e(c. — 2. Idem
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SECONDE INSTRUCTION l'ASTOHALE
Dans les derniers qui sont on place, ils enlendeiit tous ienrs |irédéccsscurs, el runiontenl pai' les apùtrcs jiisiin'à .lésus-Clirist.
CXW'lIl. Vaine exclamalion du ministre sur l'i- {/norance qu'il veut nous imputer. ■•— Quand on s'écrie après cela : « Pauvre Ecriture, comment » Dieu vous a-t-il dicton"? Que vous devenez inutile! » Il n'y a qu'à montrer l'Eglise' : » encore un coup, on ne s'entend pas. Heureux celui qui, né et instruit dans le sein maternel de l'Eglise et dans la foi des promesses, n'a jamais ijesoin de disputer! S'il s'est écarté de cette voie , on travaille à le ramener par les Ecritures; s'il n'y a jamais été, et qu'il soit encore inlidèle, on lui lira les prophéties dont l'Ecriture est pleine , et on tâchera de lui en marquer les autres caractères divins. Mais il y aura toujours grande différence entre celui qui cherche, et celui qui, bien instruit par l'Eglise, aura tout trouvé dès le premier pas.
GXXIX. Vaine science des hérétiques causée par le 7népris de la foi de l'Eglise. — L'exemple des hérésies lui fera sentir la sûreté où il faut marcher. Cette voie, nous a-t-on dit, mène à l'ignorance^. Voyons donc ce qu'ont appris ceux qui l'ont quittée, et qui ont voulu être plus sages que l'Eglise catholique. C'est par là que les marcionites et les manichéens ont appris que l'Eglise précédente avait falsifié les Ecritures canoniques, et qu'il y avait deux premiers principes, dont l'un était la cause du péché : les ariens ont appris que le Fils de Dieu était une créature, et ne pouvait être appelé Dieu qu'improprement : les pélagiens ont appris qu'il n'y avait que les simples el les ignorants qui pussent croire qu'on fût pécheur par le péché de son père, ou que l'on eût besoin de la grâce, à chaque acte de piété que produisait le libre arbitre. Wiclef a appris qu'il n'y a point de libre arbitre , et que Dieu était auteur du péché : Luther, Mélanchton, Calvin cl Bcze , avec les autres réformateurs du seizième siècle, ont succédé à cette science : les luthériens en particulier ont appris à sauver la réalité par leur ubiquité, et les calvinistes, à mettre au rang des saints , et à recevoir aux mystères ceux qui tiennent ce prodige de doctrine, aussi bien que le semi-pélagianisme, dont les mêmes luthériens sont convaincus. Les calvinistes ont pour leur compte particulier l'inamissibilité de la justice, et la sanctilicalion de tous les enfants des fidèles dans le sein de leurs mères. Ces deux dogmes sont délinis dans le"-synode de Dordrecht : la chose n'est pas douteuse parmi les gens de bonne foi : la suite de ces deux dogmes, c'est que jusqu'à la fin du monde la grâce ne peut sortir d'une famille où elle est entrée une fois, et que David dans ses deux crimes , Salomon dans ses idolâtries , et saint Pierre dans son reniement, n'ont iioint perdu la justice.
C'est ainsi que se sont rendus savants ceux qui ont renoncé à la foi de l'Eglise. Tous ces faits que j'ai posés sont demeurés et demeureront éternellement sans répli(|ue. Les catholiques évitent par leur soumission ces sciences faussement nommées^, cl ils éprouvent heureusement que c'est tout savoir que de n'en pas vouloir savoir plus que l'Eglise,
I. T. 11, /). 517, 548, .519, Wc. - 2. r.^i0.553. — ?,.r. Tim., VI. 20.
c'est-à-dire, de ne pas vouloir être sarant plus qu'il ne faut ' .
CXXX. Preurc par expérience que la foi des promesses de l'Eglise s'accorde parfaitement arec l'instruciion. — Mais on doit jbien se garder de croire que, sous ce i)rétexte, nous négligions d'enseigner au peuiile les vérités de la religion. Il n'y a qu'à lire nos Catéchismes; et puisque c'est moi qu'on prend à partie , et ciu'on accuse de vouloir introduire l'ignorance , sous prétexte de faire valoir la promesse de Jésus-Christ, il vous est aisé de connaître la calomnie. Car, puisqu'on vient de parler de Catéchisme, si vous voulez jeter les yeux seulement sur celui que j'ai rais en main au peuple que je sers (el chaque évèque vous en dit autant dans les diocèses où vous êtes, avec encore plus de confiance), vous verrez, qu'à l'exemple de saint Paul, nous ne leur awïis rien soustrait de ce qui est utile à leur salut, et que nous leur annonçons en toule vérité et pureté, la connaissance de Dieu , et la foi en .Tésus-Christ Notre Seigneur^.
Dites-nous donc, mes frères, en quoi nous entretenons l'ignorance? Vos ministres voudraient bien qu'on crût que nous n'instruisons pas assez notre peuple sur la connaissance de Dieu et contre l'idolâtrie. Mais ils savent bien le contraire ; ils savent bien, dis-je , que nous enseignons parfaitement que Dieu est seul, el que seul il a tout tiré du néant. Le reproche d'idolâtrie tombe visiblement par ce seul dogme. Aussi vos ministres ne nous le font plus que par coutume ou par engagement; el leur conscience les dément , comme la nôtre nous fait mépriser de vains reproches , où nous ne sommes touchés que de l'injustice de ceux qui osent encore les renouveler.
Si par là ils sont contraints d'avouer qu'avec un tel sentiment, il est impossible qu'on soit idolâtre dans son cœur, et qu'ils tâchent de trouver notre idolâtrie dans notre culte extérieur, ils n'entendent pas la nature de ce culte , qui , ne pouvant être autre chose que la démonstration des sentiments intérieurs, ne permet en aucune sorte qu'on soupçonne d'idolâtrie ceux qui connaissent Dieu en vérité, el l'adorent seul au dedans.
Mais si nous enseignons très-purement la connaissance de Dieu , nous ne sommes pas moins soigneux de faire connaître Jésus-Christ. Peut-on nous reprocher avec la moindre vraisemblance que nous taisions à nos peuples qu'étant Dieu et homme , la satisfaction qu'il a offerte pour nous à la croix est infinie et surabondante; en sorte qu'il n'y manque rien, et qu'il ne reste autre chose à faire au chrétien , que de s'en appliquer la vertu par une foi vive? En quelle conscience pourrait-on dire que nous laissons ignorer cette foi , ni que nous puissions après cela égaler le fini à l'inlini , et comparer aucune intercession ou des hommes ou des anges à celle du Sauveur?
On nous objecle des conséquences qu'on lire de notre doctrine. Mais outre qu'elles sont fausses, du moins ne peut-on nier dans le fait qu'elles ne soient désavouées par cent actes authentiques, elque nous ne détestions toute doctrine qui déroge aux grands principes qu'on vient de poser.
Nous enseignons parfaitement la sainte et sévère