‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 108 sur 631 · Pag. 37. — 2. Pag. 'M · texte numérisé non relu

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néanmoins il l'assure ainsi en la réponse (]ue fait l'enfanta la demande neuvième de son Catéchisme; |)ar où il veut persuader au peuple ignorant, que, selon la créance que nous embrassons , le sang de Jésus-Christ ne nous suffit pas. Mais ne sait-il pas bien en sa conscience que nous le reconnaissons pour le seul Sauveur et l'unique Rédempteur de nos âmes; que nous croyons qu'il a payé surabondamment tout ce que nous devions à son Père justement irrité contre nous; et que , bien loin de dire que sa mort ne nous est pas suffisante, nous confessons et nous enseignons , à la gloire de Notre Seigneur Jésus-Christ, qu'une seule goutte de son divin sang , voire même une seule larme , el un seul soupir suffisait à racheter mille el mille -mondes? Je suis certain qu'il n'ignore pas que telle est la foi de toute l'Eglise; et toutefois il ose nous objecter que nous donnons des adjoints à notre Sauveur en la rédemption de noire nature.

Il dit avec une pareille infidélilé que le Pape est reconnu parmi nous chef et époux de l'Eglise sans égard à Jésus-Christ, ce sont ses paroles', et Jésus- Christ mis à part et exclu : comme si les calholiques donnaient au Pape une puissance indépendante du Fils de Dieu même. Mais il sait bien que nous ne respectons son autorité, que parce que nous sommes persuadés que Jésus-Christ, notre maître, la lui a donnée, avec une étroite obligation de lui rendre compte de l'administration qui lui est commise. Est-ce là reconnaître un chef sans égard à Jésus-Christ, comme il nous l'impose^? Nous croyons certes, plus fortement que nos adversaires, que Jésus n'a pas quitté son Eglise; et c'est pour cette seule raison que nous assurons sans douter qu'elle est infaillible, parce que son prince lui a promis qu'il serait perpétuellement avec elle. Combien donc est-il ridicule de nous reprocher que nous mettons Jésus-Christ à part, comme si nous l'avions oublié? Quelle patience faut-il avoir pour souffrir une calomnie de cette nature? Mais nous prions ce divin Sauveur que l'on nous accuse d'exclure, qu'il lui plaise nous faire la grâce, que nous surmontions par la charité ceux qui médisent de nous si injustement.

Le ministre s'est imaginé qu'il éblouirait les yeux des lecteurs par ces deux mots du cardinal Bellarmin qu'il rapporte en marge , secluso Christo^ : où certainement il a fait paraître qu'il lit bien négligemment les auteurs qu'il cite , pour ne pas dire qu'il les tronque frauduleusement. Car pour ce qui regarde le titre d'époux, qu'il dit que le cardinal donne au Pape, il n'y en a pas un mot en ce lieu. Et quant à ces paroles , secluso Christo , il n'est rien plus contraire à la vérité, que de les interpréter au sens du minisire, sans égard à Jésus-tihrist, et Jésus-Christ mis à part et exclu. Qui pourra croire que ce grand cardinal ait eu une pensée si extravagante, puisque la fin unique qu'il se propose dans tout le chapitre et dans tout le livre , c'est de montrer que l'autorité du Pape vient do Jésus-Christ. Mais exposons nettement son intention. Il parle de l'Eglise qui est en terre, qu'il considère comme séparée en quelque manière d'avec Jésus-Christ son Epoux, parce qu'encore ([u'il

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