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c'est ce qu'ils ont le plus en exécration; c'est la messe qu'eux et leurs pères ont décriée comme le comble de toutes sortes d'impiétés et d'idolâtrie. Mais il faut bien qu'ils sentent en leurs consciences que tous ces reproches sont très-injustes, puisqu'ils avouent maintenant, et qu'ils prêchent, et qu'ils enseignent même dans leurs Catéchismes , qu'avant leur réforniation prétendue, et jusqu'à l'an 1543, où la messe constamment était en l'Eglise en la même vénération qu'elle est en nos jours, cette Eglise , qui la célébrait, ne laissait pas de contenir en son sein, et d'y conserver jusqu'à la mort, les enfants de Dieu.
Que dirai-je de l'administration de l'Eucharistie? Est-il rien de plus ordinaire en la bouche de nos prétendus réformés, qu'un de nos plus grands attentats contre l'Evangile, c'est de ne la donner pas sous les deux espèces? C'est ce qu'ils ne cessent de nous reprocher. Cependant , au temps duquel nous parlons, cette Eglise, qui, selon l'avis du ministre môme, conduisait si bien ses enfants à Dieu, ne les communiait que sous une espèce. Et qui ne sait que quelques Bohémiens, animés parles prédications de Jean Hus , ayant rétabli la communion du sacré calice, le concile général de Constance prononça' qu'il fallait croire, sans aucun doute, que tout le corps et tout le sang de Notre Seigneur était vraiment sous chacune des deux espèces; que la coutume de communier sous la seule espèce du pain , tenait lieu de loi , qui ne pouvait être changée sans l'autorité de l'Eglise; et que tous ceux qui seraient contraires à cette doctrine, devaient cire tenus hérétiques. Telle fut la décision du concile , qui ayant été embrassée par toute l'Eglise , il n'y a qu'une extrême ignorance qui puisse douter de sa foi sur cette matière. -
D'ailleurs, les calvinistes publient tous les jours, et le ministre ne le niera pas , que les vaudois et les albigeois sont leurs vénérables prédécesseurs^, qu'ils ont professé leur même créance , et qu'ils se sont retirés d'avec nous pour les mêmes causes, pour la messe, pour l'invocation des saints, pour le purgatoire, pour les images, pour la primauté du Pape , pour le sacrement de la sainte 'Table , et ainsi du reste. Or, il est très-certain que l'Eglise condamna ces hérétiques sitôt qu'ils parurent. Et en condamnant leur doctrine, qui ne voit que par une même sentence elle a jiroscril celle des calvinistes, qui se glorifient d'être leurs enfants? De cette sorte , quand ils sont venus , il y avait déjà plusieurs siècles que leurs principales maximes avaient été publiquement rejetées, et par conséquent les contraires reçues par l'autorité de l'Eglise.
Mais ce qui fait clairement connaître combien elle détestait ces opinions, c'est que Jean Wiclcf et Jean Hus les ayant presque toutes ressuscilées , le concile général de Constance, et le pape Martin V, et toute l'Eglise renouvela contre eux le juste anathème qu'elle avait prononcé contre les vaudois. Et après tant de condamnations, qui serait si aveugle que de ne voir pas combien de points, que nos adversaires ont taxés d'erreur, étaient reçus en l'Eglise romaine comme des articles de foi i-atlmlique, dans le temps où hî Catéchisme confesse qu'un |iouvait y trouver la vie éternelle?