‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 114 sur 631 · Sens. XIII. — 3. P'jg · texte numérisé non relu

Sens. XIII. — 3. P'jg

DU SIEUR PAUL FERRY

Encore que ces choses soieiU très-évidentes , je suis contraint de les expliquer au ministre, qui fait semblant de les ignorer. Qu'il lise la session viii avec la xv" du concile universel de Constance, et la bulle du pape Martin V touchant la condamnation des erreurs de Jean Hus et de Jean Wiclef, deux de ses prophètes. Là, parmi les propositions censurées, il y trouvera celle-ci entre autres : « La subs- » tance du pain matériel , et semblablement la » substance du vin matériel, demeurent dans le sa- » créaient de l'autel. Jésus-Christ n'est pas réelle- » ment en ce sacrement en sa propre présence cor- » porelle, » c'est-à-dire, par la présence de son corps. « Il n'est pas fondé en l'Evangile, que Jésus- » Christ ait institué la messe. Il n'y a aucune a|>pa- » rence qu'il soit nécessaire qu'il y ait un chef qui » régisse l'Eglise militante dans les choses spiri- » tuelles, et qui vive, et soit conservé toujours avec » elle. Il n'est pas de nécessité de salut de croire » que l'Eglise romaine soit la première entre toutes » les autres. C'est une erreur, remarque ici le con- » elle , si par l'Eglise romaine , il entend l'Eglise » universelle, ou le concile général, ou en tant » qu'il nierait la primauté du souverain Pontife sur » les autres Eglises particulières'. »

En conséquence de ces erreurs ainsi condamnées, le Pape, avec le consentement du concile, ordonne que celui qui aura soutenu ces propositions, ou qui sera soupçonné de les croire, soit interrogé en cette manière^ : « S'il croit qu'au sacrement de l'autel , » après la consécration du prêtre sous le voile du » pain et du vin, ce n'est pas du pain et du vin » matériel, mais le môme Jésus-Christ qui a souf- » fert à la croix , et qui est assis à la droite du » Père. S'il croit et assure que la consécration étant » faite , sous la seule espèce du pain soit la chair » de Jésus-Christ, son sang, son àme , sa divinité, » et enfin Jésus-Christ tout entier. S'il croit que la » coutume de communier les laïques sous la seule » espèce du pain, observée par l'Eglise universelle, 1) et approuvée par le concile de Constance , doit » être tellement gardée, qu'il n'est pas permis de » la blâmer ou de la changer sans l'autorité de l'E- » glise. S'il croit que le chrétien , outre la contri- » lion de cœur, est obligé par nécessité de salut , 1) de se confesser aux seuls prêtres quand il le peut, » et non à aucun laïque, si dévot qu'il soit. S'il » croit que l'apôtre saint Pierre a été vicaire de Jé- » sus-Christ, ayant puissance de lier et délier sur » la terre. S'il croit que le Pape élu canoniquemenl » est successeur de saint Pierre, ayant la suprême » autorité en l'Eglise de Dieu. S'il croit les indul- » gences. S'il croit qu'il est permis aux fidèles de » vénérer les images et les reliques des saints; et » généralement tout ce qui a été défini au concile B général de Constance. » Telles furent les décisions de ce saint concile ; reste maintenant que nous remarquions ce qu'il en résulte à notre avantage.

1. Propositions de Jean Wiclef et de Jenn Hus censuriies au concile de Constance. Scss. vni et ,\t.

2. Bulle de Mirtin V, contre Jeiin Wiclef et Jean Hus , /. iv, Conc. gén., Edit. liom.; Concil. Labb., t. xii, col. 259.

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