Arl. 62. — 2. l'ag
XXIX. Que, selon lui, V inégalité des trois Personnes divines ne peut être réfutée par l'Ecriture. — Mais jioussons encore plus loin le ministre, et demandons-lui si celte erreur de l'ancienne Eglise n'est pas du nombre de celles qu'on ne peut pas réfuter, selon lui, par l'Ecriture? Sans doute elle est de ce nombre; car nous avons vu que cette inégalité est fondée sur cette double naissance, et sur ce que le Fils , (]uoiquc éternel , n'est pas en tout comme son Père : d'où il s'ensuit qu'à cet égard il lui cède en perfection; et c'est pourquoi le ministre avoue non-seulement que l'Eglise des trois premiers siècles a dit que les Personnes étaient inégales, mais encore qu'eWe l'a dû dire selon ces principes invincibles et irréfutables ([u'il reconnaît. Mais si cela est, il faut donc affaiblir, comme tous les autres passages, celui où saint Paul a dit que le Fils de Dieu n'a point réputé rapine d'être égal à Dieu' : et il faudra expliquer, égal à Dieu en son essence , mais non pas dans sa personne : égal à Dieu dans le fond de l'être divin, mais non pas dans toutes ses suites. Il sera donc permis de dire encore, sans crainte d'être réfuté, que le Fils est inégal en opération et en perfection à son père; et tellement permis , que le ministre qui ne peut donner de bornes à ses erreurs , nous dira bientôt que cette inégalité a été plutôt approuvée que condamnée dans le concile de Nicée. En vérité, c'en est trop; et on ne sait plus que penser d'un homme, que ni la raison , ni l'autorité, ni sa propre Confession de foi ne peuvent retenir.
XXX. Que, selon les anciens docteurs , la primauté d'origine n'emporte point d'inégalité entre les Personnes dicines. — Il serait donc temps d'ouvrir les yeux à de si étranges égarements de votre ministre; et au lieu de lui permcltre de pousser à bout les principes pleins d'ignorance et d'impiété qu'il attribue à l'ancienne Eglise, il faudrait entendre au contraire que l'inégalité improprement dite est dans la façon de parler, est la seule qu'on puisse souffrir en Dieu : encore est-il bien certain que les Pères ne se servaient pas de ce terme , que l'expresse condamnation de saint Paul aurait rendu odieux et insoutenable. Que s'ils i)arlent d'une manière qui semble quelquefois viser là , le dénouement y est naturel. Qui met la bonté de Dieu en un certain sens et à notre manière d'entendre au-dessus de ses autres attributs , comme David a mis ses miséricordes au-dessus de toMS ses ouvrages'^, parle bien en quelque façon par rapport à nous, mais non pas en toute rigueur. Ainsi l'inégalité que quelques Pères auront semblé mettre dans la façon de parler, entre les Personnes divines, à cause de leur origine et de leur ordre , qui est la première raison que le ministre nous a alléguée, est supportable en ce sens; puisque le Père est et sera toujours le premier, le Fils toujours le second, et le Saint-Esprit toujours le troisième. Mais parce que cet ordre, quoique immuable, n'emporte point d'inégalité de perfection ni de culte, saint Clément d'Alexandrie le change dans cette belle hymne qu'il adresse au Fils de Dieu , puisqu'il dit : Louange et action de grâces au Père et au Fils , au Fils el au Père' : ce qu'il fait exprès pour nous marquer que