CHAPITRE V
Que les péchés sont détruits dans les justes , bien qu'il n'y ait point do. justes qui ne soient péchews.
Je sais que nos adversaires seront étonnés, de ce que l'Eglise catholique enseigne que Dieu ôte nos péchés, quand il justifie, puisqu'elle confesse d'ailleurs qu'il n'y a aucun homme vivant qui ne soit pécheur. Ils trouvent de la contrariété dans cette doctrine; mais c'est ici qu'il faut leur faire paraître l'admirable économie de la grâce par laquelle nous sommes justifiés.
Il y a dans les saintes Lettres une distinction de péchés très-considérable , qu'il est nécessaire que nous remarquions.
Le disciple bien-aimé prêche : « Si quelqu'un » dit qu'il ne pèche pas, il se trompe, et la vérité 1) n'est pas en lui'. Par conséquent il y a des péchés dans lesquels peuvent tomber les plus justes, et qui ne nous séparent pas d'avec Dieu.
Mais d'autre part l'apôtre saint Paul parle de certains péchés capitaux dont il prononce la condamnation en ces termes : « Ceux qui les feront, nous » dit-il*, ne posséderont pas le royaume de Dieu. « Il y a donc de certains péchés qui rompent notre union avec Dieu, et nous ferment l'entrée du ciel.
Que les péchés de ce dernier genre soient entiè-
1. Etiamsi vocatur peccatum ; 7ion utique quia peccatum est , sed quia peccaco fada est, sic vocatur,- sicut scriptura cujusqun manus dicitur, quia manuseam fecerit. Cont. duaa Epist. PelaK., lib.i.cap. 13, n. 27, elc.
2. Net: propter ipsam dicunt in oratione baptisati : Dimitte nobis , etc. Idem.