Levit., XVIU.5. —2. Rom., x. 5.-3. Rom., m
quons que les hommes étant impuissants par euxmêmes, ceux qui veulent être justifiés doivent premièrement regarder la grâce.
Il ne suffit pas de considérer le précepte qui nous éclaire; il faut encore lever les yeux au Saint-Esprit de Dieu qui nous meut. C'est peu de chose de s'arrêter simplement à l'action qui nous est commandée; il faut aller au principe qui l'opère en nous. Nous ne voyons pas ce principe , mais nous le croyons; parce que ce principe, c'est Jésus-Christ même : de sorte que c'est la foi qui nous y conduit; puisque le propre de la foi c'est de croire , comme le propre de la loi c'est de commander.
Cette vérité étant supposée, il s'ensuit très-évidemment, que celui qui se proposera la loi sans la foi établira une fausse justice; car il n'aura aucun égard à la grâce, et il croira pouvoir ôlre juste par ses propres forces. C'est pourquoi l'apôtre saint Paul parle ainsi des Israélites charnels qui considéraient la loi de Moïse sans la foi du Sauveur Jésus : « Ignorant la justice de Dieu, et voulant établir leur propre justice, ils n'ont pas été soumis à la justice de Dieu'. » Cette justice de Dieu , dont il parle, n'est point celle par laquelle Dieu est juste, mais celle par laquelle Dieu nous fait justes. L'Apôtre veut donc dire flue les Juifs charnels, ignorant cette véritable justice par laquelle Dieu nous fait justes, ont voulu établir leur propre justice, c'est-à-dire, la justice par leurs propres forces.
De là vient que saint Augustin expliquant par les principes du saint Apôtre, quelle est cette justice qui est par la foi : « Il faut entendre une foi , » dit-iP, par laquelle nous croyons fermement que I) la justice nous est donnée par la grâce, et non » point faite en nous par nous-mêmes. »
C'est à quoi regarde saint Paul, lorsqu'ayant proposé cette question, pourquoi les Israélites suivant la loi de justice , ne sont point parvenus à la loi de justice^, il en rend celte excellente raison, parce que ce 7i'a pas été par la foi , mais comme par les œuvres : c'est-à-dire , comme opérant par euxmêmes, et ne croyant pas que c'est Dieu qui opère en eux. C'est l'interprétation de saint Augustin''.
C'est encore ce qui fait dire au même saint Paul que « notre orgueil est anéanti , non point par la » loi des œuvres, mais par la loi de la foi*; x parce que la seule foi nous fait voir que rien ne peut subvenir à l'infirmité humaine, si ce n'est la miséricorde divine.
De cette belle doctrine du grand Apôtre, il résulte que le défaut essentiel de cette orgueilleuse justice, qui ne se proposait que les œuvres, consiste en ces deux choses que nous avons dites. C'est qu'il fallait que les hommes qui veulent bien faire considérassent premièrement qu'ils étaient pécheurs, et qu'ils cherchassent celui qui réconcilie; secondement, qu'ils étaient impuissants, et qu'ils recourussent à