‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 144 sur 631 · Per /idem concilians justificalorem, etc. Ibid · texte numérisé non relu

Per /idem concilians justificalorem, etc. Ibid

.3. Fide Jesu Christi impetramus salutem , et quantum nohis inekoatuf in rc , et quantum per/tcienda expectatur in spe. Ibid., (;ol. 114.

4. Per leyem cognitio peccali, per fidem impelratio grntiœ contra peccatum, per gratiam sanalio anima à vitio peccali. Ibid., c. M. n.52, col. 114.

5. Si confitenris in vrc tuo Dominum Jesttm , et in corde tuo credi<i..-ris quod Deus .mscitavit illum à mortuis , satvn.i eris. Corde enim creditur ad juslilium , ore nutem confessio fit ad tulutem. Dicit enim Scriplura : Omnix qui craiit in illum non confundetur. Non enim est distinriio Judivi et Graci. Non idem Dominui omnium, dives in omnex qui invocant illum. Omnis enim quicumque invocaverit nomen Domini, salvus erit. Quomodo ergo invocabunl m quem non crediderunt I Kom., x. » et soq.

» l'invoquent : car quiconque invoquera le nom du « Seigneur sera sauvé. » Après quoi il vient à la » foi , disant : Comment donc invoqueront-ils celui « auquel ils n'ont point cru? » (Jù il est clair que la raison pour laquelle il dit que celui qui croit n'est point confondu, c'est ]iarce qu'en croyant il invoque, et que celui (jui invoque ohlient. Donc, selon l'apôtre saint Paul , la force de la foi en Notre Seigneur, c'est qu'elle a la vertu d'impétrer : et saint Augustin raisonne très-bien selon ces maximes apostoliques, quand il dit que la foi justifie, parce qu'elle attire les grâces par lesquelles nous sommes justifiés.

Nos adversaires eux-mêmes ne le nieront pas , s'ils considèrent bien quelques vérités desquelles il est impossible qu'ils disconviennent. Car je leur demande si un pécheur, comme, par exemple, le roi David après son homicide et son adultère, ne doit pas prier continucilement que Dieu lui pardonne son crime? Or s'il prie, il est en la foi , selon ce que dit l'apôtre saint Paul : Comment invoqueront-ils s'ils ne croient'? Que s'il est vrai que la seule foi, sans tous les autres dons de la grâce, opère la rémission des péchés, comment demandet-elle avec tant de larmes ce qu'elle a déjà obtenu sitôt qu'elle a été formée en nos cœurs?

Il faut donc dire nécessairement que la foi en Jésus-Christ justifie; non qu'elle fasse elle seule toute fa justice; mais parce qu'eile en est le principe, et que nous fondant sur l'humilité, elle nous impètre les autres dons par lesquels la justice s'accomplit en nous.

De là il s'ensuit clairement que nous sommes justifiés par la foi sans exclusion de la charité : car if parait que saint Paul se sert de la foi pour mettre une différence solide , telle que nous l'avons exposée, entre la fausse justice des Juifs et la vraie justice du christianisme, c'est-à-dire, entre la justice qui gforifie l'homme, et la justice qui glorifie Dieu; et ainsi la justification est attribuée singuiièrement à fa foi , pour éloigner de nous f'arrogance humaine qui veut se gforiiier en effe-mcme, non pour exclure la charité ni les autres vertus divines qui ne se glorifient qu'en la grâce.

C'est la doctrine de la sainte Eglise, de laquelle je tire ces deux conséquences. Premièrement, que nous ne nions pas la justification par la foi; au contraire, que nous l'étabfissons par les vrais principes que l'antiquité chrétienne nous a enseignés par la bouche de saint Augustin. Secondement, je conclus que c'est une extrême injustice de nous opposer que nous renversons la justification gratuite : car il n'est rien de plus gratuit que ce que la foi en Jésus-Christ nous impôtre; parce que quand la foi invoque, c'est le nom de Notre Seigneur Jésus- Christ et le mérite de sa passion qui obtient. N'estce pas une calomnie manifeste d'assurer qu'une telle croyance renverse la confiance au Libérateur?

Ici nos adversaires objectent que l'Eglise catholique prêche la justification par fes œuvres. Pour rè.soudre cette difficulté, il est nécessaire que nous entrions en la seconde des trois question.s proposées touchant l'économie de la grâce; et qu'après avoir vu son commencement, nous considérions son progrès.

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