Proc, vin; Sap.. vu Prax., n
Eccli., I. —2. Gen., i. 26. —3. Adv.
ÉTAT PRÉSEIST DES CONTROVERSES ET DE LA RELIGION PROTESTANTE
mot d'aulorité : en un mot, il restera une personne par qui le Père fait tout à même titre qu'il fait tout par sa raison. Tout cela est une suite naturelle de la foi, qui nous apprend qu'il y a en Dieu une raison et une sagesse engendrée, en laquelle nous découvrons la fécondité et la plénitude inlinie de l'être divin. Voilà enfin ce qui restera dans le titre de ministre, à en ôter tout le reste comme le marc et la lie ; et après cet épurement il n'y aura rien en ce terme que de véritable, et qui ne convienne parfaitement à la dignité du Père et du Fils.
XXXVII. Que les Pères qui se sont servis du mot de ministre , ont bien su en bannir l'imperfection qui l'accompagne naturellement. — C'est donc ainsi que les anciens ont quelquefois donné au Fils de Dieu et au Saint-Esprit le nom de ministre du Père; et non pas pour leur attribuer, comme fait M. Jurieu', une opération inégale; car cela est de la crasse du langage humain , et de cette rouille dont il faut purifier ses lèvres lorsqu'on veut parler de Dieu. Et c'est pourquoi ces saints docteurs, qu'on veut faire passer pour si ignorants , ont bien à la vérité employé quelquefois le mot de minisire en l'épurant à la manière qu'on vient de voir; mais si d'autres fois ils l'ont regardé avec cette imperfection i naturelle au langage humain, ils l'ont aussi pour cette raison exclu des discours où ils parlaient du Fils de Dieu , puisqu'ils ont dit « que Dieu nous a
)' envoyé pour nous sauver, non pas comme on » pourrait croire, un de ses ministres, ou quelque » ange , ou quelque puissance du ciel qui soit pré- , » posée au gouvernement de la terre , mais le Créa- » teur lui-même et l'ouvrier de toutes choses....; I) comme un roi qui envoie son fils roi comme lui , » et comme un dieu qui envoie un dieu-. »
XXXVIII. Pourquoi on ne se sert plus de ce terme, et quel en a été l'usage contre ceux qui niaient que le Fils de Dieu fût une personne. — Au reste , on ne se sert plus maintenant de ce terme de ministre, parce que les ariens en ont abusé; mais il a eu son usage en son temps. Les noétiens et les sabelliens voulaient croire que Dieu agissait par son Verbe , comme un architecte agit par son art : mais comme l'art dans un architecte n'est pas une personne subsistante, et n'est qu'un mode, ou un accident, ou une annexe de l'âme , comme on voudra l'appeler, ces hérétiques croyaient que le Verbe était la sagesse, ou l'idée et l'art de Dieu, de la même sorte, sans être une personne distinguée. Les orthodoxes les rejetaient , en faisant de cette sagesse divine un ministre, qui était par conséquent une personne distinguée du Père. Mais telle est la hauteur, et, pour ainsi dire, la délicatesse de la vérité de Dieu, que le langage humain n'y peut toucher sans la blesser par quelque endroit. C'est ainsi qu'en expliquant la distinction et l'origine du Fils , il est à craindre que vous n'y mettiez quelque chose qui se ressente de l'inférieur. Mais après tout si vous attendez à parler de Dieu que vous ayez trouvé des paroles dignes de lui, vous n'en parlerez jamais. Parlez-en donc, en attendant, comme vous pourrez, et résolvez-vous à dire toujours quelque chose qui ne porte pas où vous tendez , c'est-à-dire, au plus parfait. Dans cette faiblesse de votre discours, vous vous sauvez, en songeant que vous