‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 155 sur 631 · Cor..v. 10. — 2. //. Tim., IV. 7, S · texte numérisé non relu

Cor..v. 10. — 2. //. Tim., IV. 7, S

ration de la volonté. « La couronne de justice m'est » réservée. » Si c'est la justice que l'on couronne , il y a donc une véritable justice. « Dieu, ce juste » Juge, me la rendra. » Qui ne remarque ici la justice par laquelle Dieu rend la couronne aux bonnes œuvres que nous faisons, comme leur véritable récompense ?

Ces trois vérités si considérables méritaient sans doute un traité plus ample; mais un si long discours n'est pas nécessaire pour le dessein que je me suis proposé, qui no doit comprendre autre chose qu'une simple explication de notre doctrine, par laquelle nos adversaires connaissent que nous n'avons de gloire qu'en Jésus-Christ seul.

Certes, si nous présumions de nous-mêmes, nous ne pourrions fonder notre orgueil que sur la coopération du libre arbitre , ou sur la dignité de nos bonnes œuvres, ou sur ce titre de récompense, au sens que nous avons exposé. Repassons donc en peu de paroles sur ces trois vérités excellentes sur lesquelles sont appuyés tous les bons mérites; et montrons à nos adversaires que le saint concile de Trente nous les fait considérer d'un œil si modeste, que nous pouvons assurer sans crainte que rien n'établit mieux la gloire de Dieu et le mérite de Jésus-Christ, que le mérite des bonnes œuvres, comme l'Eglise catholique l'enseigne.

Premièrement, il est véritable que la doctrine du libre arbitre est un des artittles de notre créance. Mais que les ministres ne pensent pas que nous vantions notre liberté pour nous confier en nousmêmes. Car nous reconnaissons devant Dieu que notre volonté est captive jusqu'à ce que le Fils l'affranchisse. Le concile de Trente confesse que nous naissons enfants de colère , et esclaves du péché et du diable'; tellement qu'il est impossible que jamais notre infirmité se relève , si le miséricordieux Médecin ne lui tend sa main charitable. Comment donc nous vanterons-nous d'une liberté qui n'est réparée que par grâce, et de quoi se glorifiera celui qui a été délivré , sinon de la bonté du Libérateur?

Quelie est la nature de notre mérite. — Nous croyons la justice des bonnes œuvres; et nous disons qu'il est impossible qu'elles ne soient de trèsgrand prix devant Dieu, puisqu'il les fait lui-même par son Esprit-Saint, puisqu'elles naissent de cette divine vertu que Jésus-Christ comme chef répand sur ses membres. C'est aussi une des raisons qui nous obligent de les honorer du nom de mérite , pour exprimer leur valeur et leur dignité. Mais c'est aussi pour cette même raison que nous en rapportons tout l'honneur à Dieu après le sacré concile de Trente qui imprime cette vérité en nos cœurs par ces paroles si pieuses et si chrétiennes : « Encore que » nous voyions que les saintes Lettres fassent tant » d'estime des bonnes œuvres, que Jésus-Christ » nous promet lui-même qu'un verre d'eau donné » à un pauvre ne sera pas privé de sa récompense; » et que l'Apôtre témoigne qu'un moment de peine » en ce monde produira un poids de gloire éler- » nelle : toutefois , à Dieu ne plaise que le chrétien » se fie ou se glorifie en lui-môme, et non point en » Notre Seigneur, duquel la bonté est si grande en- » vers tous les hommes, qu'il veut que ses dons

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