‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 158 sur 631 · CHAPITRE DERNIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE DERNIER

Conclusion de la seconde section. Injustice du ministre qui nie que 7ious ayo?is notre confiance en Jésus- Christ.

Après que nous avons fait voir clairement quelle est la pureté de notre doctrine , revenons à nos adversaires, et exhortons-les en Notre Seigneur, par les entrailles de la charité chrétienne, qu'ils ouvrent enfin les yeux à la vérité , et qu'ils cessent de nous reprocher que nous nous confions en nous-mêmes, et non point au Fils de Dieu , qui nous a aimés el qui a donné son âme pour nous. Laissons les disputes et les questions; laissons les contentions échauffées. Nous écoulerons volontiers leurs plaintes; qu'ils entendent aussi nos raisons en paix : toutes leurs accusations seront réfutées, sitôt que notre foi sera éclaircie.

Ils se plaignent que nous attribuons tout à nos bonnes œuvres et que nous anéantissons la grâce de Dieu. Mais nos conciles ont déterminé que nos péchés nous sont pardonnes par une pure miséricorde; que nous devons à une libéralité gratuite la justice qui est en nous par le Saint-Esprit; et que toutes les bonnes œuvres que nous faisons sont autant de dons de la grâce.

Mais il faut confesser, disent-ils, que Dieu ne nous approuve el ne nous reçoit qu'à cause de la justice de Jésus-Christ, et non point à cause de nos bonnes œuvres. Nous les conjurons au nom du Sauveur qu'ils nous expliquent nettement quelle est leur pensée. Est-ce que Dieu en nous donnant la vie éternelle ne fait aucune considération de nos bonnes œuvres? A Dieu ne plaise que nous ayons un tel sentiment de celui dont il est écrit qu'il rend à chacun selon ses œuvres. Certainement il les considère, puisqu'il les récompense et qu'il les couronne; et je ne puis croire que nos adversaires veulent nier une vérité si constante. Mais peut-être qu'ils veulent dire que les bonnes œuvres ne sont point toute la raison pour laquelle Dieu nous considère, ou bien qu'il ne les considère elles-mêmes qu'à cause de Notre Seigneur Jésus-Christ. Si c'est là tout ce qu'ils prétendent, ils ne disputent pas contre nous; nous confessons de tout notre cœur celle salutaire doctrine.

Dieu aime ses élus par un double amour; il y a un amour qui suit leurs œuvres, et il y a un amour qui prévient leurs œuvres. Mon Père vous a aimés, dil le Fils de Dieu', parce que vous m'avez aimé.

1. Reddet omnino Deus et mata pro inaïis, quoniam justus est! et b07ia pro malis , qtwniam bonus est; et bona pro bonis , quoniam bonus et Justtts est . De Grat. et lib. .\rb., o. 23, n. 45, lom. X, col. 744.

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