Ci-dessus, ch. 10 el U
crilice de nos autels : « Donnez , 6 Seigneur lout- » puissant, ànous misérables pécheurs qui es|)érons » en la multitude de vos miséricordes, quelque » part et société avec vos bienheureux apôtres et » martyrs, au nombre desquels nous vous prions de » nous recevoir, ne pesant point nos mérites, mais » usant de grâce envers nous au nom de Notre Sei- » gneur Jésus-Christ'. » Est-ce là s'enfler de ses propres mérites? Et quelle est l'infidélité de votre ministre , quand il assure dans son Catéchisme-, que l'on a fait rayer, comme autant d'Mresies , de l'ordre de baptiser cl de la manière de visiter les malades, ces salutaires protestations que faisaient nos pères, d'espérer la gloire éternelle, non point par leurs propres mérites , mais par les mérites de Jésus-Christ? Si l'Eglise les a rayées de ses Rituels comme des hérésies, d'où vient qu'elle les laisse comme saintes dans son sacrifice?
Que si peut-être l'on s'imagine que cette prière de l'Eglise déroge aux mérites , l'on ne comprend pas bien son intention. Nous croyons qu'il y a des mérites, mais aucun de nous en particulier n'ose présumer qu'il en ait : car, en ce lieu de tentation, nous sommes si fort enclins à l'orgueil , qu'il est expédient pour notre salut que Dieu nous cache à nous-mêmes les biens qu'il nous fait. Ainsi , tant que nous sommes en cette vie , bien loin de vanter nos mérites, comme faisait cet arrogant pharisien, nous nous prosternons devant Dieu , à l'exemple du saint prophète, el nous espérons le lléchir à cause de ses grandes miséricordes ; d'autant plus , que sentant notre infirmité , nous savons bien qu'il est impossible que nous persévérions jusqu'à la fin, parmi tant de dilTicultés que nous rencontrons dans la voie étroite , si la grâce ne nous soutient par une influence continuelle : de cette sorte les enfants de Dieu lui demandent la vie éternelle comme une pure libéralité; parce que si c'est la justice qui les y reçoit en suite de la promesse divine , c'est la miséricorde qui les y conduit par Jésus-Christ notre Sauveur.
Quelle est donc l'injustice de nos adversaires , qui disent que c'est la présomption qui nous a enseigné le mérite? Comment la présomption l'at-elle enseigné, puisque telle est la nature de ce mérite, qu'il se perd tout entier sitôt qu'on présume? « L'Eglise a des mérites, dit saint Bernard^, » mais pour mériter, non pour présumer. »
Si nous présumions des mérites, reconnaîtrionsnous qu'ils nous sont donnés, l'apôtre saint Paul disant : Si lu as reçu, de quoi peux-tu te glorifier''? Si donc nous confessons humblement, avec le saint concile de Trente^, que les mérites nous sont donnés , il est clair que nous ne voulons pas glorifier l'homme; et si nous ne voulons pas glorifier l'homme, il parait que nous avons dessein de glorifier Dieu par Notre Seigneur Jésus-Christ.
C'est ce que notre concile témoigne en ces termes : « Nous qui ne pouvons rien par nous-mêmes, » nous pouvons tout avec celui qui nous fortifie : » ainsi l'homme n'a pas de quoi se glorifier, mais
1. Intra qttorii>n «os cousoftium ïio>i œstimator ineriti , sed veniœ, quœsumus , largitor admitte , per Christum Dominum nostrum. Can. Miss.