‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 161 sur 631 · Piig · texte numérisé non relu

Piig

3. Habct mérita, sed ad prnmerrndum , non ad prœsumeuduni. Sei-m. i.xviir in Caat., n. (i, toin. l, col. 1506.

4. //. Cor., IV. 7. — 5. Sess. xiv, c. 16; Ci-dessus, ch. 13.

DU SIEUR PAUL FERRY

» TOUTE NOTRE GLOIRE E5T EN JÉSUS-ChRIST ; en lui

» nous vivons, en lui nous uiéritons, en lui nous » satisfaisons , faisant des fruits dignes de péni- » lence, lesquels tirent de lui leur vertu, par lui » sont présentés à son Père, en lui sont agréés par i) son Père'. »

Comment donc osez-vous dire, ô ministre, qu'il n'est jjIus permis de mourir en l'Eglise romaine en se fiant es seuls mérites de Je'sus-Chrisl? Quoi? ne nous est-il pas permis de dire en mourant ce que l'Eglise dit tous les jours dans son sacrilice : Seiijneur, ne pesez point 7ios mérites , mais sauveznous par grâce au nom de Jésus-Christ ? Ne nous est-il pas permis de mourir en la foi du concile de Trente, qui dit que nous n'avons pas de quoi nous glorifier en nous-mêmes, mais que toute notre gloire est en Jésus-Christ ? Certes, nous espérons de mourir en cette sainte et salutaire pensée; nous dirons et vivants et mourants: que Jésus-Christ est toute notre gloire, par conséquent tout notre salut, tout notre appui, toute notre conliance.

Et ne nous opposez pas, ainsi que vous faites, que MOUS croyons être sauvés par quelque autre chose^; car ce reproche est peu raisonnable. Il est vrai que nous confessons, et c'est une maxime trèsindubitable, que plusieurs choses coopèrent à notre salut, ou plutôt que par la grâce de Dieu toutes choses coopèrent à notre salut; mais nous avons notre espérance en Jésus-Christ seul, parce que tout ce qui contribue à nous sauver, n'a de force ni de valeur que par ses mérites.

Je n'estime pas avoir assez fait en réfutant vos objections par des raisons si claires et si évidentes; il faut encore que vous soyez condamné par la doctrine de vos collègues. Ecoutez votre confrère Daillé, parlant de vos amis les luthériens en son Apologie, chap. 9. « Quand, dit-il, selon les lois » du discours, il s'ensuivrait légitimement et né- » cessairement de l'opinion des luthériens, qu'il

• faille adorer le sacrement, toujours me sufQt-il, » pour ne pas abhorrer leur communion , qu'ils ne » tiennent pas cette conséquence , mais au con-

• traire, la rejettent avec moi; » et il ajoute encore en ce même lieu , que « ce serait u.ne extrême in- » JUSTICE de la leur imputer. » Et dans la lettre à M. de Monglat, faite sur le sujet de son Apologie : 0 Encore, dit-il', que l'opinion des luthériens sur » l'Eucharistie induise selon nous , aussi bien que » celle de Rome, la destruction de l'humanité de » Jésus-Christ, cette suite néanmoins ne leur peut » être mise sus sans calomnie, vu qu'ils la rejettent » formellement. » Appliquez ce raisonnement à la matière où nous sommes, et vous y verrez votre condamnation.

Vous dites que nous ne mettons pas notre conliance aux seuls mérites de Jésus-Christ. Nous enseignons positivement le contraire. Vous soutenez que notre créance ne le permet pas , vous tâchez de le prouver par des conséquences que vous tirez de notre doctrine; nous les rejetons, nous les désavouons , nous les détestons. Vous ne pouvez donc nous les imputer, sa.ns uxe extrême injustice et

1. Xam qui à nobis tanquam ex nohismetipsis nihil possumus, eo coopérante qui nos confortât^ omnia possumus : ita non habet homo unde glorietur, sed omîiis nostra gloriatio in Christo est, etc. Sess. xiv, cap. S.

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