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s.\Ns CALO.MNIE. Vous uous los imputcz toutefois, et c'est la principale raison par laquelle vous ne craignez pas de nous condamner. Donc, selon les principes de vos collègues, la sentence que vous prononcez contre nous est fondée sur une calomnie manifeste, et donnée par une extrême injustice.
Ainsi, nonobstant vos oppositions, il est vrai que nous pouvons vivre et mourir dans celte bienheureuse espérance, qui s'appuie sur Jésus-Christ seul; et si cette contiance a sauvé nos pères, comme votre Catéchisme l'enseigne, il résulte clairement, de votre discours, que nous pouvons attendre la vie éternelle dans la communion de l'Eglise romaine.
Mais elle ne permet pas , dites-vous , de mourir arec assurance de son salut' ; et par là vous tâchez de nous faire entendre que noire confiance n'est pas assez forte. Répondons en peu de paroles à cette objection que vous faites dans le dessein de mettre quelque différence entre nos ancêtres et nous.
Nous avons l'assurance de notre salut , telle que l'ont toujours eue les enfants de Dieu; « lesquels » certes, dit saint Augustin-, quoiqu'ils soient in- » failliblement assurés du prix de leur persévé- » rance, toutefois ils ne sont pas assurés de leur » persévérance. »
Nous avons l'assurance de notre salut, telle que la prêchait saint Bernard : « Qui est celui qui peut » dire : Je suis des élus, je suis des prédestinés à » la vie, je suis du nombre des enfants? » Et après : « Nous n'en avons pas la certitude ; mais la con- » lîance nous console, de peur que nous ne soyons B tourmentés par l'anxiété de ce doute'. »
Je produis ces deux grands hommes à notre adadversaire, parce qu'il les appelle saints dans son Catéchisme, afin qu'il connaisse par leur témoignage que nous avons l'assurance d'être sauvés , telle que l'ont eue les hommes de Dieu et les saints docteurs de l'Eglise. Après quoi je ne vois rien de plus ridicule que d'apporter comme un empêchement de notre salut , cette incertitude modeste en laquelle la bonté de Dieu laisse les élus pour les rendre plus humbles et plus diligents. Au contraire, saint Augustin nous apprend qu'il importe pour notre salut que nous ne sachions pas ce secret, « parce qu'en ce lieu de tentation, l'infirmité est si » grande, que la certitude infaillible peut facile- » ment engendrer l'orgueil ■*. »
Mais finissons enfin ce discours par ce raisonnement invincible , qui découvrira manifestement deux insignes faussetés du ministre. Il accuse le concile de Trente d'avoir établi une nouvelle doctrine touchant la justification et les bonnes œu^Tes. Cependant il parait sans difficulté qu'elle a été de point en point enseignée il y a plus de douze cents ans par le plus célèbre de tous les docteurs , avec l'applaudissement de toute l'Eglise. Il ajoute , que