CHAPITRE PREMIER
Que , selon les principes du ministre , les premiers auteurs de la réformation prétendue sont des schismatiques ; qu'il se contredit lui-même quand il enseigne que du temps de ses pères l'Eglise romaine était la Babylone de l'Apocalypse.
JusQUES ici notre innocence s'est défendue contre les accusations du ministre ; nous devions cette juste défense à la sainteté de l'Eglise, qui était attaquée par ses calomnies. Maintenant la charité nous oblige de faire connaître à nos adversaires le péril évident de leurs âmes; et combien leur perte est inévitable , s'ils ne retournent en la communion de l'Eglise en laquelle leurs pères ont été sauvés , el qui est toujours prête à les recevoir avec des entrailles de mère.
Pour expliquer mon raisonnement avec ordre, je pose ces trois maximes fondamentales. Premièrement, je dis qu'il est impossible de faire son salut dans le schisme : car nous entendons par le mol de schisme une injuste séparation. Or cette injuste séparation est incompatible avec la charité fraternelle; par conséquent tous ceux qui sont dans le schisme, tombent en cette juste malédiction que l'apôtre saint Jean prononce : Celui qui n'aime pas son frère demeure en la mort. Tout homme qui hait son frère est homicide'.
Secondement, il est assuré que jamais il ne peut être permis de se séparer de la vraie Eglise, el bien moins quand elle sera reconnue pour telle ; parce que l'Eglise étant le lieu d'unité, tous ceux qui se retirent de la vraie Eglise, violent visiblement le sacré lien de la fraternité chrélienno.
Je pose pour troisième maxime, qu'une Eglise demeure toujours véritable Eglise, tant qu'elle peut engendrer des enfants au ciel; car il n'appartient qu'à la vraie Eglise de donner des frères à Jésus-Christ, et des héritiers au Père céleste. L'Eglise ne conçoit que de son Eiioux , qui la rend