‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 165 sur 631 · I.Joan., m · texte numérisé non relu

I.Joan., m

féconde par son Esprit-Saint; el ainsi tant qu'elle engendre des enfants à Dieu , elle est pleine du Sainl-Esprit , Jésus-Chrisl la traile toujours en épouse ; elle est donc par conséquent véritable Eglise.

Ces vérités élanl supposées, je soutiens que nos adversaires ne peuvent excuser leur séparation , et que les principes qu'ils nous accordent montrent que les premiers auteurs de leur secte n'onl pas été des réformateurs , mais de très-dangereux schisraaliques qui se sont séparés de la vraie Eglise. C'est ce qu'il m'est aisé de prouver par ce raisonnement invincible.

Le ministre est convenu avec nous que jusqu'à l'an 1543 on pouvait obtenir la vie éternelle en la communion de l'Eglise romaine' ; elle était donc encore véritable Eglise selon les maximes que j'ai posées : et toutefois il est assuré que longtemps avant celle année, nos adversaires s'ôlaienl séparés et avaient abandonné sa communion. Par conséquent ces réformateurs prétendus étaient des rebelles et des schismaliques, qui fuyaient la communion d'une Eglise , laquelle conduisant ses enfants au ciel , montrait bien par sa sainte fécondité qu'elle était encore l'Eglise de Dieu. En effet, le catéchiste remarque lui-même que les fondements de la foi y étaient entiers-, el que les fidèles y pouvaient faire leursalul à cause de la sincère confiance que l'Eglise, cette bonne mère, les obligeait d'avoir en Jésus-Chrisl seul.

Ce raisonnement jette l'hérésie avec ses ministres dans une confusion nécessaire : el je pense qu'elle n'a jamais paru plus visible que dans le Catéchisme que nous réfutons. Le sieur Ferry ne peut se résoudre sur celte importante dilTiculté , savoir, si les premiers qui ont embrassé la réformation prétendue, en sortant de la communion de l'Eglise romaine, l'ont quittée volontairement, ou s'ils en ont été chassés par la force. Mais qu'il résolve d'eux ce qu'il lui plaira , nous avons toujours do quoi les convaincre. S'ils se sont retirés volontairement de la communion d'une vraie Eglise en laquelle on pouvait se sauver, il parait manifestement qu'ils sont schismaliques selon les maximes que j'ai posées; et quand môme nous accorderons qu'on les a chassés , ils n'éviteront pas leur condamnation; car la communion de l'Eglise esl si nécessaire, qu'ils devaient toujours demeurer unis, encore qu'on tâchai de les éloigner; et je ne dis pas ici à nos adversaires une chose qui doive leur être inconnue. L'Eglise luthérienne les excommunie, toutefois parce qu'ils la croient une vraie Eglise, ils pensent être obligés de s'unir à elle; ils lui tendent les bras quoiqu'elle les chasse, el ils entrent en son unité autant qu'ils le peuvent. Si donc l'Eglise romaine était vraie Eglise, puisque, selon la confession du ministre, elle portait en son soin les enfants de Dieu; quelque violence qu'on fil aux réformateurs prétendus, jamais ils ne devaient rompre de leur part le lien de la communion ecclésiastique.

Mais au contraire, ils ont ému toute la querelle; ils se sont séparés les premiers; ils ont fait de nouvelles Eglises; ils ont établi un nouveau service; et pour monirer que non-seulement ils fuyaient, mais encore qu'ils avaient en horreur la communion de

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