Ci-dessus, Secl. i, c/i. 1. — 2. Idem, ch. 4, 5 et
DU SIEUR PAUL FERRY
l'Efilise romaine, ils ont publié par toute l'Europe que sa doctrine était sacrilège, et que son service était une idolâtrie; qu'elle était le royaume de l'Antéchrist et la Babylone de l'Apocalypse, en laquelle on ne pouvait demeurer sans résister à ce commandement de Dieu : Sortez de Babylone, mon peuple'. Certes, on ne les contraignait pas de parler ainsi : donc ils n'ont pas été chassés par la force , mais ils se sont retirés volontairement. Cependant l'Eglise romaine était encore la vraie Eglise, puisque, selon les principes du catéchiste, les lidèles de Jésus- Christ y pouvaient mourir sans préjudice de leur salut.
C'est ce qui jette le sieur Ferry dans une étrange contradiction; car d'un cote il dit nettement, « qu'il » faut extirper le membre pourri, comme l'Eglise » a toujours pratiqué, excommuniant les hérétiques, » ou se soustrayant de leur communion-, i et que l'on ne pouvait abandonner l'ouvrage de la réformation, « sans désobéir au commandement : Sortez de » Babylone, mon peuple^; » ce qui prouve la nécessité de se séparer. Mais reconnaissant en sa conscience que jamais il ne peut être permis de se retirer de la vraie Eglise , telle qu'était l'Eglise romaine, puisqu'il avoue que les fidèles s'y pouvaient sauver, il est obligé de répondre que ses pères voulaient demeurer en son unité, si on ne les en eiit retranchés : « Chassés et poursuivis, dit-il, nous "> avons été contraints de nous séparer^; » et encore plus clairement: « Ils ont plutôt été chassés, qu'ils » ne sont sortis. Car ils entendaient avec saint Au- » gustin ce commandement : Retirez-vous , sortez » de là, ne touchez point à choses souillées, d'un
» DÉPART SPIRITLEL ET d'uN DÉTACHEME.NT DE COEUR.
» C'est aussi l'exposition qu'on donnait d'ancienneté » à Metz à cet autre commandement de sortir de » Babylone, à savoir non en corps, mais en es- » prif". »
Il est digne d'observation que le catéchiste confesse que ses prédécesseurs entendaient ces paroles : Reiirez-wus, sortez de là, dans le même sens qu'on donnait avant la réforraation prétendne , à ce commandement de l'Apocalypse : Sortez de Babylone, mon peuple. Or il remarque en un autre lieu que nos pères qui vivaient alors en la communion de l'Eglise romaine, croyaient satisfaire à ce précepte, « s'ils ne participaient pas aux péchés de ceux parmi 0 lesquels ils vivaient, sans qu'il leur fût besoin de » s'en séparer autrement", » c'est-à-dire, de se séparer de communion. En elTet, le ministre avoue qu'ils mouraient en la communion de l'Eglise romaine. Par conséquent, il nous fait bien voir que ceux qui ont suivi les premiers la réformalion prétendue, consentaient de demeurer unis avec nous en la communion de l'Eglise romaine, encore qu'ils prêchassent par toute la terre qu'elle était la Babylone maudite, et la prostituée de l'Apocalypse. 0 hérésie confuse en ses jugements! ô désordre et contradiction de l'erreur!
Et que le ministre ne réponde pas qu'ils seraient demeurés en l'Eglise à condition qu'elle se serait réformée selon les maximes qu'ils lui proposaient; car il dit, « qu'ils entendaient ce commandement, » Retirez-vous , d'un détachement de cœur. » C'é-