CHAPITRE IV
Que la réformation prétendue est une rébellion contre l'Eglise. De l' infaillibilité de l'Eglise.
Si la réformation prétendue confesse elle-même sa nouveauté, s'il ne lui est pas possible d'excuser son schisme, elle ne peut aussi nier sa rébellion, en ce qu'elle a refusé d'écouter l'Eglise. Faisons donc connaître à nos adversaires que jamais ils ne se sont soumis à son jugement; et que ce crime est inexcusable.
Je sais bien qu'ils ont témoigné dans les commencements de leur schisme qu'ils consentiraient volontiers qu'un concile terminât les difTicultés. Mais encore qu'en apparence ils reconnussent l'autorité du concile, il n'y avait rien de plus opposé ni à leur intention, ni à leur doctrine. Et Luther le témoigne assez dans le livre qu'il écrit contre les évoques. Car comme en l'assemblée de l'empire , à Worms , il avait parlé aux évêques avec quelque sorte de déférence, il se repent de sa modestie, il déclare « qu'il ne soumettra plus ses écrits à leur » jugement; qu'il s'est trop rabaissé à Worms; qu'il » est tellement assuré de sa doctrine qu'il ne veut » pas même la soumettre au jugement d'aucun » ange ; mais que , par le témoignage de cette doc- » trine, il les jugera eux tous, et les anges mêmes^.» Un homme qui écrit ainsi aux évêques, en vérité veut-il reconnaître la sainte autorité des conciles? et qui ne voit, i)ar son procédé, que si ceux qui ont suivi son parti ont tant sollicité l'empereur de faire convoquer un concile, ce n'est pas qu'ils eussent dessein de se rapporter à son jugement, mais c'est qu'ils voulaient abuser le peuple par une soumission apparente?
Et certes, sans rechercher dans l'histoire les marques de la rébellion de nos adversaires, il sufTit que nous leur montrions que leur doctrine est si peu modeste , qu'elle ne souiïrc pas que l'on se soumette à l'autorité do l'Eglise. Car d'où vient qu'ils l'ont enseigné, d'où vient cpu! le catéchisle le prêche, que l'Eglise non- seulement jjnit errer,