‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 173 sur 631 · Piig. ii. — i. Sleidan, lib. ut · texte numérisé non relu

Piig. ii. — i. Sleidan, lib. ut

DU SIEUR PAUL FERRY

mais encore qu'elle a erré souvent'? N'est-ce pas alin <i"avoir un prétexte pour mépriser ses décisions? En effet , leur maître Calvin , bien loin de soumettre les particuliers aux déterminations des conciles, soumet les déterminations des conciles à l'examen des particuliers. Car parlant de l'autorité de ces assemblées vénérables : « Je ne prétends pas » en ce lieu, dit-iP, que l'on casse tous les décrets » des conciles : toutefois , poursuit-il, vous m'ob- » jecterez que je les range tellement dans l'ordre, » que je permets à tout le monde indiiféremment » de recevoir ou de rejeter ce que les conciles au- » ront établi. Nullement, ce n'est pas là ma pen- » sée. » Vous diriez qu'il s'en éloigne beaucoup; mais il accordera bientôt dans la suite ce qu'il semble dénier dans les premiers mots. « Lorsque » l'on apporte, dit-il , la décision d'un concile , je » désire premièrement que l'on considère en quel » temps, et sur quel sujet, et pour quel dessein il » a été assemblé, et quelles personnes y ont assisté : • après , que l'on examine le point principal selon » la règle de l'Ecriture , de sorte que la définition » du concile ait son poids , et qu'elle soit comme » un préjugé, toutefois qu'elle n'empôcbe pas l'exa- » men. b Peut -on se révolter plus visiblement contre la majesté des conciles? Car puisqu'il veut que l'on examine , il veut par conséquent que l'on juge. Et à qui appartiendra ce pouvoir? Sera-ce à un autre concile? Mais il sera sujet au même examen. Si les particuliers l'entreprennent, donc un particulier jugera des assemblées de toute l'Eglise; après qu'elle aura prononcé, il croira que c'est à lui de résoudre si elle a bien décidé les difficullés, et il osera présumer que peut-être il entend mieux l'Ecriture qu'elle? Est-il rien de plus téméraire, et combien étrange est cette doctrine qui nourrit et qui entretient les esprits dans une arrogance si démesurée? Si nos adversaires répondent que c'est le Saint-Esprit qui les guide , c'est en cela même que l'orgueil est insupportable , que des particuliers osent croire que le Saint-Esprit les instruise de la vérité , et qu'il abandonne à l'erreur le corps de l'Eglise : n'est-ce pas se préférer à l'Eglise même? Que si ce sentiment leur parait horrible , il faut nécessairement qu'ils confessent que le Saint-Esprit gouverne l'Eglise dans toutes les déterminalions de la foi ; et que ceux qui nient cette vérité , se soulèvent ouvertement contre l'autorité légitime. Que le ministre ne peut nier, selon ses principes, que ses pères ne fussent obligés d'écouter l'Eglise dans le temps qu'ils s'en séparaient. — Si les calvinistes nous disent que ce privilège d'infaillibilité ne peut appartenir qu'à la vraie Eglise, et qu'il leur faut prouver que la nôtre mérite ce titre, avant que de les obliger à lui obéir, qu'ils se remettent en la mémoire que l'Eglise en laquelle nous sommes était encore la vraie Eglise, quand leurs pères s'en sont séparés, puisqu'elle engendrait les enfants de Dieu, ainsi que leur ministre confesse. Que si elle engendrait des enfants , qui doute qu'elle ne pût les nourrir? Certes, la terre qui produit les plantes leur donne leur nourriture et leur aliment; et la nature ne fait jamais une mère qu'elle ne fasse en même temps une nourrice. Que si la Providence divine a établi ce bel ordre dans

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