CONCLUSION
Exhortation à 7ios adversaires , de retourner A l'unité de l'E(jtise.
Après vous avoir proposé ces choses en toule sincérité et candeur, je vous laisse maintenant juger, nos chers frères, ce que vous devez croire de votre ministre, qui non-seulement vous entretient de si vains discours, mais, ce qui est encore plus insupportable , qui vous débite tant de faussetés sous le titre de Catéchisme. Rappelez en votre mémoire que l'ordre de son discours exigeant de lui qu'il tàcliil de mettre quelque différence entre nos ancêtres et nous, il a entrepris de prouver que nous ruinions le fondement du salut : et nous avons fait voir sansdilTiculté, que la vérité lui manquant, il a ou recours à la calomnie. Si telle est la sainteté de notre doctrine, qu'il faille la déguiser nécessairement quand on veut la rendre odieuse, avouez que les reproches de votre ministre sont la juslilication de notre innocence. Je ne vous apporterai point en ce lieu des témoignages qui vous soient suspects ; vous pouvez apprendre dans son Catéchisme (|ue c'est la haine et la passion qui produit les invectives sanglantes par lesquelles vos prédicants tâchent de décrier notre foi. Ne vous dit-on pas tous les jours
1. Paff. 95. — 2. Pag. 131 eC 135. — 3. Voyez aainl Augustin à la tin do l'Epltre rv; éd. Ben. cxciv, n. 46, tom. il, col. 129, — ■1. Lib. IV, c. 13.
que vos pères mit quitte l'Eglise romaine, comme la Babyloiie maudite dont il est parlé dans l'Apocalypse'? Et cependant votre catéchiste, ([ui nous fait le môine reproche , confesse qu'elle engendrait les enfants de Dieu; et par conséquent il ne |)eut nier qu'elle ne fût une vraie Eglise. Quel aveuglement ou quelle fureur, de détester, comme liabylone, la mère et la nourrice des enfants de Dieu! Combien de fois vous a-t-on prêché que c'est une idolâtrie de prier les saints? Certes, si c'est une idolâtrie, c'est le plusdamnable de tous les crimes. Toutefois le ministre avoue, et il vous enseigne dans un Catéchisme, que cette prière n'empêche pas le salut, et n'en détruit pas les fondements ^. Donc c'est une horrible inlidélité, de la qualilier une idolâtrie, et d'accuser les chrétiens innocents d'un crime si noir et si exécrable. Ne devez-vous pas craindre justement que les autres points de notre créance ne vous soient proposés dans la même aigreur; et êtcs-vous si peu soigneux de votre salut , que vous ne vouliez pas donner quelque temps à vous faire éclaircir de la vérité? Souvenez-vous par quelles injures et par combien de litres infâmes on déchire parmi vous l'Eglise romaine. Néanmoins si vous raisonnez selon les principes de votre ministre , vous trouverez qu'elle a retenu tous les fondements de la foi', et ainsi que, selon vos propres maximes, elle mérite le titre d'Eglise : car vous l'accordez par acte public à la secte luthérienne; quoique vous la croyiez infectée d'erreur, parce que vous jugez qu'elle a conservé les principes essentiels du christianisme. Si donc ils sont entiers en l'Eglise romaine, si ensuite elle est une vraie Eglise, comment pouvez-vous soutenir les injures dont vous la chargez? Et d'ailleurs si les catholiques possèdent l'Eglise , puisqu'il serait ridicule de s'imaginer que vous fassiez un même corps avec nous , ne parait-il pas clairement que n'étant pas en notre unité , vous ne pouvez pas être en l'Eglise, et que votre perle est indubitable? Que reste-il donc , nos chers frères, sinon que vous retourniez à l'Eglise, en laquelle on vous a prêché que nos ancêtres faisaient leur salut jusqu'au milieu du siècle passé, et à laquelle on ne peut montrer qu'elle ait depuis ce temps-là changé sa doctrine*; de sorte que si vous étiez en son unité, quoi que l'on objectât contre votre foi , vous auriez la consolation de voir que nos adversaires ne pourraient nier que plusieurs des enfants de Dieu ne soient morts en cette créance, et que Jésus-Christ n'ait reçu en son paradis des chrétiens qui le servaient comme nous. Vous auriez la consolation d'être en la société d'une Eglise à laquelle on ne peut reprocher qu'elle soit nouvellement éiablie, à laquelle, (|uoi qu'on puisse dire, du moins n'oscrait-on dénier que, depuis le temps des apùlres jusqu'à nos jours, elle n'ait confessé sans interruption , et la Trinité adorable, et le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, et la rédemption par son sang, et les mystères de son Evangile, et les fondements du christianisme. Votre nouveauté s'égalera-t-elle à celle anliquilé vénérable, à cette constance de tant de siècles, et à cette majesté de l'Eglise? Qui êtes-vous, et d'où venezvous? à qui avez-vous succédé; et où était l'Eglise
1. Voyez ci-dessus, seconde Vérité, ch. I. — 2. Voyez , premiôre Venté, secc. i, ch. 5. — 3. Voyez, la seconde Vérité, ch. 4. — 4. Ci-dessus, première Vénlé, sect. 1.