ARTICLE VI
Prodige d'égarement dans le ministre , quiveid trouver l'inégalité des trois Personnes divines jusque dans le concile de Nicée,
XLVII. Que le minisire prétend trouver l'inégalité du Père et du Fils dans ces paroles du Symbole de Nicée : Dieu de Dieu , lumière de lumière. — Loin de vouloir ouvrir les yeux pour apercevoir dans les anciens cette parfaite égalité du Père et du Fils , le ministre ne veut pas la voir dans le concile de Nicée; « et, dit-il', ce qu'on y appelle le Fils de » Dieu . lumière de lumière, est une preuve que le » concile n'a pas condamné l'inégalité que les doc- » leurs anciens ont mise entre le Père et le Fils; » c'est-à-dire , comme on a vu , que ce concile n'a pas condamné une véritable et réelle inégalité en perfection et en opération, en sorte que celle du Fils soit vraiment et à la rigueur inférieure et ministérielle. Voilà, selon le ministre Jurieu, ce que le concile n'a pas voulu condamner; et cela parce qu'il est dit dans le symbole de cette assemblée, que le Fils de Dieu est lumière de lumière. Tout autre que ce ministre aurait cru qu'on avait choisi ces paroles pour établir la parfaite égalité; puisque même elles étaient jointes avec celles-ci : Dieu de Dieu, trai Dieu de vrai Dieu : n'y ayant rien audessus de ces expressions dans tout le langage humain , et rien par conséquent ne paraissant plus égal que d'appeler l'un Dieu et l'autre Dieu, l'un lumière et l'autre lumière , l'un vrai Dieu et l'autre vrai Dieu. Par la règle que nous avons souvent
I, Ad. Oreg. yyas. de vit Greg. Neoc. Ed. 1638, p. 546. — 2. Pœdag., 1 , 5,6. — 3. Idem , m, ctp. uti. — 4. Sirom., v. — 5. Pcvdag., m, 7.-6 Idem, c . ult. — 7. IMd., 1,8.— 8. Pag. il.
posée, de prendre ce qu'on dit de Dieu dans le sens le plus élevé, il faut entendre par cette lumière une lumière parfaitement pure, oil il n'y ait point de ténèbres , comme dit saint Jean'; une lumière d'intelligence et de vérité simple, éternelle, infinie; une lumière qui soit Dieu, et qui soit vrai Dieu : c'est ce qu'on dit du Père et du Fils sans restriction et en parfaite égalité , dans un Symbole où le ministre nous assure que l'inégalité n'est pas condamnée.
XLVIII. Combien le ministre abuse de Tertullien , et combien son raisonnement est tiré par les cheveux. — Voyons sur quoi il se fonde. C'est , dit-il , que ces expressions sont prises de Tertullien qui a dit dans son Apoloçfétique , que le Verbe « est un » esprit né d'un esprit, un Dieu sorti d'un Dieu, et » une lumière allumée à une lumière*; » et tout cela veut dire inégalité, parce que cet auteur ajoute, que « le Fils est le rayon , c'est-à-dire, une » portion tirée du tout : le Père est toute la subs- )) tance, et le Fils est la portion dérivée de tout' : » ce qui emporte, dit le ministre \ inégalité manifeste. Que de chemin il faut faire pour venir de là au concile de Nicée , et à cette inégalité que le ministre veut y trouver à quelque prix que ce soit ! Il faut premièrement, qu'il soit bien constant que le ministre ait bien entendu Tertullien. Je n'en crois rien ; je crois qu'il se trompe : je crois que Tertullien a passé d'une comparaison à une autre, de celle du rayon à celle du tlandjeau allumé; je crois, dis-je, que cette parole , lumière allumée à une lumière, Lu.MEN de lumine accensum^ , ne convient pas au rayon qu'on ne va [)as allumer au soleil, mais qui en sort comme de lui-même par une émanation naturelle ; mais qu'elle s'entend d'un llambeau qu'on allume à un llambeau déjà allumé, ou d'un feu que l'on continue et que l'on étend en lui approchant de la matière. C'est le sens de Tertullien ; je le maintiens : la suite le fait paraître, puisqu'il ajoute : Le fond de la matière demeure le même; la llamme ne diminue pas , encore que vous l'attiriez sur plusieurs matières qui en empruntent les qualités. Voilà une matière allumée, d'où il s'en allume une autre; voilà la comparaison de saint Justin, où le minisire avait reconnu une égalité si parfaite. Tertullien emploie celle double comparaison pour prendre de l'une et de l'autre ce qu'elles avaient de meilleur, et soulager par ce moyen le plus qu'il pouvait les païens qu'il tâchait d'élever à la pureté de nos mystères. Que s'il est ainsi , s'il est vrai que le concile en disant, lumière de lumière, ait eu Tertullien en vue, bien éloigné d'avoir établi l'inégalité , il aura plutôt établi l'unité et l'égalité parfaite, ainsi que nous avons vu. Mais laissons là cette explication ; n'incidcntons pas avec un homme qui ne cherche qu'à tout embrouiller, et à s'arrêter en beau chemin. Je vous accorde , si vous le voulez , M. Jurieu , que Tertullien parle ici du rayon : vous êtes encore bien loin de votre compte; car, pour venir à votre prétendue inégalité, il faut que Tertullien soit inexorablement obligé à soutenir sa comparaison en toute rigueur, et qu'il s'engage à trouver dans la nature matérielle et dans le corps du Soleil une image entière et parfaite de ce qui
1. /. Jonn., I. 5. — 2. Apotog., n. 21. — 3. Adv. Prax., n. 9. — 4. Leit. VI de 1689, p. 45. — 5. Apol., n. 21.
convient à Dieu. Il faut aussi le forcer à soutenir dans la signilication la plus rigoureuse son terme de portion el de partie , encore qu'il ait dit ailleurs, comme on a vu', que Dieu n'a point de parties et ne se divise pas. Et quand on aura fait voir, contre ce que nous avons démontré ailleurs , que Tertullien ait mis tous ces termes dans leur dernière et plus basse grossièreté, il faudra encore que le concile de Nicée ait pris ces expressions, lumière de lumière, non pas de saint Paul, comme nous verrons qu'il a fait, ni de la commune tradition qui les lui avait apportées, mais de TertuUien tout seul; et encore qu'en les prenant de lui, ce saint concile n'y ait rien osé rectifier : en sorte que le Fils de Dieu , dans l'intention du concile, ne soit au pied de la lettre qu'une partie de la substance divine, pendant que le Père en est le tout. Mais si cela est, nous allons bien loin; car tout à l'heure^ le ministre nous accordait du moins que cette inégalité, que les anciens et TertuUien admettaient entre le Père et le Fils n'emportait aucune diversité de substance^ : mais ses idées sont changées, et il faut qu'entre le Père et le Fils il y ait, en ce qui regarde la substance, la même diversité qui se trouve entre le tout et la partie ; en sorte que le consubslantiel de Nicée , qui a fait tant de bruit dans le monde , ne soit plus qu'un consubstantiel en partie, et que le Fils de Dieu n'ait reçu qu'une partie de la substance de son Père. Nous voilà bien loin de notre route. Nous croyions sur cette matière n'avoir à soutenir de variations que dans les Pères qui ont précédé le concile de Nicée; mais ce concile même n'en est pas exempt, et il a voulu expressément marquer qu'il ne voulait pas condamner la prétendue erreur de TertuUien , qui aura fait le Fils inégal au Père jusqu'à n'être qu'une portion de sa substance.
XLIX. Le ministre veut trouver dans le concile de Nice'e tout le contraire de ce que les Pères qui y ont assisté y ont compris. Passages de saint Athanase , de saint Hilaire, d'Eusèbe de Césarée. — Voici bien un autre prodige : c'est que, depuis le temps du concile jusqu'à M. Jurieu, personne n'en aura entendu le sens; puisque tous les Pères , sans en excepter aucun , y ont cru voir toute sorte d'inégalité entre le Père et le Fils si parfaitement exclue, que depuis il n'en a jamais été parlé. Ainsi les Pères mêmes qui ont assisté au concile de Nicée n'y auront rien compris : car distinctement ils excluent cette portion de substance et de lumière que le ministre veut qu'on y ait pris de TertuUien. Saint Athanase a composé un traité exprès pour expliquer le Symbole de Nicée; mais au lieu de ces portions de lumière ou de substance, il reconnaît dans le Fils la même impassibilité et impartialité , ou indivisibilité, que dans le Père, ToàixepÉ;' : ce qu'il explique ailleurs, en disant que le Verbe n'est pas une portion de la substance du Père^. Il loue aussi Théognoste, un ancien auteur, pour avoir di\. que le Fils n'était pas une portion de la substance paternelle^ ; ce que cet auteur dit expressément pour expliquer la comparaison de la lumière. Et ce qui se dit delà lumière, se dit aussi de la substance, selon saint Athanase; puisqu'il assure que la lumière en
1. Ci-dessus , n. 45. — 2. Idem, n. 27. —3. P. 23-1. — 4. De Decr. Nie. Syn., n. 23 ; tom. l, p. 223. — 5. Or. 2. nunc Or. i in A.rian., tom. i, p. 432. — 6. Or. 3, nunc Or. 2 in Ar. n. 33, p.
cette occasion n'est autre chose que la substance même' : et loin d'admettre dans le Fils de Dieu cette prétendue portion de lumière de TertuUien , il pousse les ariens par la comparaison de la lumière, en cette sorte : S'ils veulent dire que le Fils de Dieu n'a pas toujours été ou qu'il 7i'a pas toute la substance de son Père; qu'ils disent donc que le soleil n'a pas toujours eu son éclat , ou sa splendeur et son rayon , ou que cet éclat 7i'est pas de la propre substance de la lumière ; ou s'il en est , que ce n'en est qu'une portion et une division^. Donc, ou les Pères de Nicée ne songeaient point à Terlullien; ou TertuUien ne prenait pas ce terme de portion à la rigueur; ou saint Athanase , qui a tant aidé à composer le Symbole de Nicée, ne savait pas qu'on y avait mis celte pensée de TertuUien dans le dessein d'en faire un asile à l'erreur de l'inégalité.
Saint Hilaire, son contemporain et un si docte interprète du Symbole de Nicée, rejette aussi en termes formels avec horreur ce que les ariens im putaient au concile de Nicée .■ Que le Fils était ime portion détachée du tout^. C'est pourquoi en expliquant dans la suite l'endroit du Symbole de Nicée dont nous parlons, et cette comparaison de la lumière, il en exclut positivement cette portion de substance^ : d'où il conclut, « que l'Eglise ne con- » naît point cette portion dans le Fils; mais qu'elle » sait qu'un Dieu tout entier est sorti d'un Dieu » tout entier : » qu'au reste, « comme il n'y a rien » en Dieu de corporel , qui dit Dieu , le dit dans sa » totalité; » en sorte qu'en mellre une portion, c'est en mettre la plénitude : et ainsi, qu'en disant de Jésus-Christ qu'ii est Dieu de Dieu , comme il est lumière de lumière, on fait voir que rien ne se perd dans cette génération; c'est-à-dire, que tout s'y donne sans diminution et sans partage, parce que le Fils n'est pas une extension de la substance du Père , mais une seule et même chose avec lui.
Eusèbe de Césarée , qui était présent au concile, dans la lettre qu'il écrivit à son Eglise sur le mot de consubstantiel , raconte qu'en proposant les difficultés qu'il trouvait dans cette expression et dans celle de substance^ , on lui avait répondu, que i< sortir de la substance du Père ne signifiait autre » chose que sortir de lui en telle sorte qu'on n'en » soit pas une portion; » si bien qu'en tout et partout ce fondement d'inégalité qu'on tire de Tertullien était banni du Symbole.
L. Que la comparaison du soleil et du rayon vient originairement de saint Paul , qui a expressément établi l'égalité. — Mais , sans nous arrêter davantage au passage de TertuUien , à qui il ne parait pas que le concile ait songé plutôt qu'à saint Hippolyte où l'on trouve la même expression ^, ou aux autres anciens docteurs, et à la commune tradition; il fallait aller à la source d'où le concile et tous les auteurs avaient puisé cette belle comparaison de la lumière, et c'est l'apotre saint Paul, qui dit dans la divine épitre aux Hébreux, que le Fils est la splendeur et l'éclat de la gloire de son Père''; car c'est en etTet à ce passage que saint Athanase et les autres ont perpétuellement recours pour expliquer
1. De Decr. Nie. Syn.n. 2S, p. 230. — 2. Or. 3, nunc 2 in Ar. n. 33,p. 501. —3. Lib. iv de Trin., ». 10, col. 822 et seq. — 4. Lib. Ti de Trin., n. 10, col. SSt. — 5. Soc, lib. i, e. 5. — 6. Hum. de Deo uno et trin. passim. — 7. Heb , i. 3.
SIXIÈME KT DKIiNIEH AVERTISSEMENT.
cette compuraison. Vouloir donc que celle expression , lumià-e de lumière, cuiporle inégalilé, c'esl s'en preiulre, non point aux Pères et à Terlullien, mais .\ l'Apôtre même d'où elle est venue. Ainsi rien n'empêche plus que toute inùgalilô entre le Père et le Fils ne. soit condamnée dans le Symbole de Nicée. Car aussi pourquoi hésiter à condamner une erreur que saint Paul avait proscrite, en faisant le Fils chose ôjale à Dieu, non par usurpation' ou par allentat, mais en vérité et par son droit'/ El (|uelle honte au ministre de n'employer son esprit qu'à eiiihrouillor les maliéres les plus claires, ul à s'aveu{,'ler lui-même !
ARTICLE va.
Autre égarement du ministre sur le concile de Nicée, où il veut trouver ses deux prétendues nativités du Verbe.
LI. Anatiu'matisme du concile de Nicée, où, le ministre prétend trouccr deux naticités dans le Verbe. — Mais ces erreurs vont croissant à. mesure qu'il avance; car après avoir assuré que le décret du concile laisse en son entier celte criminelle inégalité, il passe outre, et il soutient que celle seconde génération , qui rend le Verbe parlait d'imparfait qu'il était auparavant, loin d'avoir été condamnée par cette sainte assemblée, est confirmée par ses anathèmes^.
C'esl encore ici un nouveau prodige, et dans le concile de Nicée une découverte que personne jusqu'au ministre n'avait jamais faite. Mais pour voir jusqu'où peut aller le travers d'une tête qui ne sait pas modérer son feu, il faut encore considérer sur (|uoi il se l'onde. C'est sur celanalhôme du concile : « Si quelqu'un dit qu'il fut un temps que le Fils de » Dieu n'élait pas, ou qu'il n'était pas avant que » de naître, et qu'il a été l'ait du néanl; l'Eglise ca- 0 tholiqiie et apostolique le déclare analhème^. » Voici donc comme le ministre raisonne'' : la seconde proposition arienne était celle-ci : Le Fils de Dieu n'élait pas avant que de naître. L'opposile Irèscalholique était donc qu'il était avant que de naître : or, cela ne pouvait s'entendre de sa première génération , puisque celle-là étant éternelle , il n'y avait rien devant; il en faut donc reconnaître une autre postérieure et dans le temps, qui est celle que le ministre attribue aux Pères, et à raison de laquelle le Fils de Dieu qui est éternel était avant que de naître.
LU. Comment saint Alhanase el saint Hilaire ont entendu l'analhématisme du concile de Nicée, dont le ministre abuse. — C'est bien ici s'égarer dans le grand chemin, et à force de raffiner, laisser échapper les vérités les plus palpables. Ces trois propositions des ariens, il fut un temps que le Fils de Dieu n'était pas; et, il n'était pas avant que de naître; et, il a été tiré du néant, visiblement ne signifiaient que la môme chose en termes un peu dill'érents. Saint Athanase en parlant aux ariens : « Lors, dit-iP, que vous avez dit : Le Fils n'était » pas avant que de naître; cela signifie la même » chose que ce que vous avez dit aussi : Il fut un
1. Phil., II , 6. — 2. P.ig. 273. — 3. St/mb. Nyc, Anath. in Ep. Ku^eb. Cœsar., n. 4; in fine Op. S. Athanas. df- Decr. Nie, Syn., loin. I, p. 240. — 4. Pag. 277. — 5. Or. 2 «du. Ar. nunc Or. I, n. ii; tum. i. p. 415.
» temps que le Fils n'était pas; et l'une et l'autre » de ces expressions signilie qu'il y a eu un temps » devant que le Verbe fût. » La raison en est bien claire. Le but des ariens était de dire que tout ce qui naissait avait un commencement; el par conséquent que si le Fils de Dieu naissait, comme on en était d'accord , sa naissance était précédée par quel- (|ue temps. Et le but des catholiques était au contraire de dire, que le Fils de Dieu naissait à la vérité, mais de toute éternité, il'un Père qui n'était jamais sans Fils; et par conséquent, que le temps n'avait point précédé cette naissance. C'est la perpétuelle application que donne saint Athanase à cette proposition des ariens. Saint Hilaire dit aussi qu'ils se servaient des trois expressions' : « Il fut » un temps qu'il i-i'étail [)as; il n'était pas avant » que de naître; et il a été fait du néant; parce que )i la nativité semblant apporter avec elle cette con- » dition , que celui qui n'était pas commençât à » être, et qu'il naquît n'étant pas auparavant; ces » hérétiques se servaient de cela pour assujélir au » temps le Fils unique de Dieu. » Ainsi, vouloir trouver un autre sens dans ces anathénialismes du concile, c'est y vouloir trouver un sens que les Pères de ce temps-là et ceux mêmes qui y ont été présents, pour ne pas ici parler de la postérité, n'ont pas connu. Et pour comble de conviction, quoique je n'en aie peut-être que trop dit sur une si visible absurdité, je veux bien ajouter encore que les analhématismes du concile n'y ont été prononcés après le Symbole , que pour proscrire les erreurs contraires à la doctrine que le concile venait d'y établir. Le concile venait d'établir dans le Symbole , que le Fils de Dieu était né devant tous les siècles. On convient qu'il voulait dire par là que sa naissance était éternelle; puisque dès que vous sortez de la mesure du temps, vous ne voyez plus devant vous que l'éternité. Que restait-il donc au concile, après avoir établi l'éternité de la naissance du Fils, que de frapper d'anathème ceux qui disaient que sa naissance fut précédée par le temps , ou, ce qui est la même chose, qu'ii n'était pas avant que de naître? Et si , comme le ministre le prétend , l'intention du concile eût été de dire que le Fils de Dieu était effectivement avant que de naître, puisqu'il a mis, comme on vient de voir, sa naissance dans l'éternité, il faudrait qu'il eût voulu dire qu'il était devant l'clernité, et que son être précédât l'éternité même, puisqu'il précédait sa naissance qu'on supposait éternelle.
LUI. Pourquoi on s'attache ici à réfuter des absurdités qui ne mériteraient que du mépris. — Voilà des absurdités dont je puis dire , sans exagérer, que ce ministre est seul capable. Mais encore ([ue ce qu'il pense soit si insensé qu'il ne mériterait pas de réponse ; comme j'ai affaire à un homme qui croit pouvoir soutenir et persuader au monde tout ce qui lui plait, il faut une fois lui fermer la bouche, et faire voir au public jusqu'où il est cajiable de s'égarer. Si le concile de Nicée a connu et confirmé, comme il le prétend , ces deux prétendues naissances du Fils de Dieu , il faut faire dire à ce concile deux choses également absurdes et également opposées à ses décisions : la première que le Fils de Dieu est né muable; la seconde qu'il est né