‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 195 sur 631 · REFLEXIONS · texte numérisé non relu

REFLEXIONS

SUR UN ÉCRIT DE M. CLAUDE

On a vu, dans l'Avertissement qui est à la tête de ce livre, qu'après que M. Claude eut lu mon récit, il fit une réponse à l'instruction que j'avais donnée à mademoiselle de Duras, et quoiqu'il y joignit une Relation de notre Conférence, qu'il avait faite, à ce qu'il marque dans cet écrit même, dès le lendemain de notre entrevue.

J'ai reçu de divers endroits, et même des provinces les plus éloignées, cet écrit de M. Claude avec sa Relation : mais la copie la plus entière et la plus correcte que j'en ai vue, m'a été communiquée par M. le duc de Chevreuse, qui l'avait eue d'une dame de qualité de la religion prétendue réformée. J'ai vu aussi entre les mains de M. de Chevreuse une déclaration signée de M. Claude, où il avoue tout l'écrit; de sorte qu'on ne peut douter qu'il ne soit de lui.

Je trouve beaucoup de choses, dans cet écrit, qui confirment manifestement tout ce qu'on vient de lire dans le mien. Je ne prétends pas relever ici toutes ces choses, ni répondre à celles où M. Claude me parait, par le défaut de sa cause, aussi peu d'accord avec lui-même , qu'avec nous. Pour faire de telles remarques, il faut qu'un écrit soit entre les mains de tout le monde, et que chacun puisse voir si on en rapporte bien les passages, et si on en prend bien le sens et la suite; il faut, en un mot , qu'il soit public. Il le sera quand il plaira à M. Claude. Je ferai, en attendant, quelques réflexions sur des choses dont je ne crois pas qu'il puisse disconvenir, et qui peuvent beaucoup aider les prétendus réformés à prendre une bonne résolution sur la matière que nous avons traitée.

Première réflexion : Sur la réponse de M. Claude, aux actes tirés de la Discipline des prétendus réformés. — Ma première rétîexion est sur la réponse que fait M. Claude aux Actes tirés de la Discipline de ses Eglises. Je me suis servi de ces Actes pour montrer qu'il était si nécessaire à tous les particuliers, dans les questions de la foi, de se soumettre à l'autorité infaillible de l'Eglise, que les prétendus réformés, qui la rejetaient dans la spéculation, se trouvaient forcés en même temps à la reconnaître dans la pratique. Ce qu'il y a de plus pressant dans ces Actes, c'est qu'au seul synode national, à l'exclusion des consistoires, colloques et synodes provinciaux, est attribuée la dernière et finale résolution par la parole de Dieu'. Mais parce que c'est la dernière et finale résolution, les Eglises et les

Page 1