‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 197 sur 631 · JIiiUli., XVI. is · texte numérisé non relu

JIiiUli., XVI. is

REFLEXIONS SUR UN ECRIT DE M. CLAUDE

pas. Saint Basile a dit très-sagement et très-vérital)lemeiit que la Tradition faisait dire aux honmiCb plus qu'ils ne voulaient, cl leur inspirait des choses contraires à leurs scntinienls '. El si nos rcl'orniés ne veulenl pas devoir à la Tradition celle résolution dernière et linale, ni celle soumission si solennellement jurée, c'est donc la nécessité et l'expérience qui les y aura forcés; c'est qu'il faut pouvoir mettre lin aux doutes et à l'examen des particuliers par une autorité absolue, si on veut avoir la paix, et entretenir l'humilité; c'est que si on n'a pas, ou si on n'exerce pas cette autorité, il faut faire semblant de l'avoir et de l'exercer, et du moins en donner l'idée; c'est, en un mot, qu'on peut discourir et répondre du moins de parole à des arguments, mais que l'ignorance, l'infirmité et l'orgueil naturel à l'esprit humain demandent d'autres remèdes.

Seconde réflexion : Sur une des propositions avouées par M. Claude, dans la conférence, et sur l'exatnen qu'elle prescrit après le jugement de l'Eglise. — J'ai prétendu faire voir, dans la conférence, qu'en niant l'autorité infaillible de l'Eglise, on tombe dansées deux inconvénients; et je ne dis pas dans l'un des deux, mais dans tous les deux inévilablemenl. Le premier est, qu'on oblige chaque |)articulier, pour ignorant qu'il puisse être, à croire qu'avec cela il peut mieux entendre la parole de Dieu que les synodes les plus universels, et que tout le reste de l'Eglise ensemble. Le second, qu'il y a un temps où un chrétien baptisé n'est pas en étal de faire un acte de foi sur l'Ecriture sainte; mais que, mal gré qu'il en ail, il se trouvera obligé de douter si elle est inspirée de Dieu.

Je n'ai vu aucun des prétendus réformés, à qui ces propositions n'aient fait horreur, et qui ne m'ait dit, que non-seulement il ne les croirait jamais, mais qu'il détesterait ceux qui les croient. Voyons donc comme il demeure établi, par la conférence, qu'elles sont des suites de la doctrine des prétendus réformés, et des suites si manifestes qu'elles sont avouées par les ministres.

Et déjà, sans sortir de la relation de M. Claude, lui-même y tranche le mot : qu'après toute assemblée ecclésiastique, chaque particulier doit examiner si elle a bien entendu la parole de Dieu, ou non. Gomme il avait parlé des intérêts humains , qui souvent, disait-il, offusquent la vérité dans les assemblées les plus aulhenliques et les plus universelles de l'Eglise : pour détruire cette réponse, et montrer au fond que ce n'était qu'une chicane, je lui avais demandé si tout se passant dans l'ordre, et sans qu'il parut aucun intérêt humain dans les délibérations, il ne faudrait pas encore que chacpie particulier examinât. Il avait avoué qu'il le fallait; et il l'avoue encore dans sa proijre Relation, soutenant qu'il n'y a nulle absurdité, ni nul orgueil à un particulier, de croire qu'il puisse mieux entendre la parole de Dieu que toutes les assemblées eccl6siasti(iues, quelque bon ordre qu'on y garde, et de quelques personnes qu'elles puissent être composées.

"Voilà une proposition et une doctrine qui paraîtra affreuse à tout esprit docile. Mais alin que la chose soit plus sensible , faisons l'application de cette doctrine à un exemple particulier.

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