V. Sup., p. 202 et seq. — 2. Rép. nian
reste quand il serait vrai, comme je l'ai dit, que le mot d'Eglise pris simplement, signifierait l'Eglise visible , le mot d'universelle changerait cette signification. Mais il ne nous échappera pas par ce subterfuge : car il nous demeure toujours un raisonnement accablant pour toute la réformation prétendue. Le voici, tiré des propres principes qu'elle pose. Le mot d'Eglise doit se prendre dans la Confession de foi de l'Eglise prétendue réformée , comme il se prend naturellement dans l'Ecriture : autrement , dans un article fondamental de la religion chrétienne, cette Confession de foi ne se serait point conformée, comme elle s'en vante, à l'Ecriture sainte. Or dans cette Confession de foi le mot d'Eglise se prend pour une société visible : cette proposition est avouée dans le synode de Gap , comme nous venons de le voir. C'est donc ainsi que le mot d'Eglise se prend naturellement dans l'Ecriture. Mais il se prend dans le Symbole au même sens qu'il se prend dans l'Ecriture; M. Claude et les protestants ne le nieront pas : il se prend donc également et dans l'Ecriture et dans le Symbole pour une Eglise visible; et le terme de catholique ou d'universelle , mis dans le Symbole , comme M. Claude l'avoue', pour distinguer tout le corps de l'Eglise vraiment chrétienne , répandue par toute la terre, de toutes les fausses Eglises, et de toutes les Eglises particulières , loin de rendre l'Eglise invisible , la rend d'autant plus visible, qu'elle la sépare plus visiblement de toutes les fausses Eglises, et met expressément dans son sein toutes les Eglises particulières si visibles et si marquées par leur commune profession de foi , et par leur commun gouvernement.
Onzième réflexion : Sur ce que M. Claude reconnaît lui-même la perpétuelle visibilité de l'Eglise : doctrine surprenante de ce ministre. — Mais sans disputer davantage, nous n'avons qu'à écouler M. Claude, et entendre ce qu'il nous accorde, dans sa Réponse manuscrite, sur la perpétuelle visibilité de l'Eglise. El plut à Dieu que je pusse ici transcrire tout cet ouvrage! on y verrait bien des choses favorables à notre doctrine, que je ne puis bien faire entendre, que lorsqu'il sera public. Mais ce n'est pas à moi à le publier, et je me suis contenté de transcrire au long , autant qu'il a été nécessaire, les passages que l'on va voir, tels que je les ai trouvés dans le manuscrit de M. le duc de Ghevreuse , avoué, comme je l'ai dit, par M. Claude lui-même.
Que si l'on trouve qu'il parle de l'Eglise d'une manière nouvelle dans la réformalion prétendue, il ne faut point sur cela faire d'incident, pour deux raisons. La première, parce qu'il est vrai qu'il a enseigné à peu près la môme doctrine dans ses autres livres, quoiqu'il l'ail ici expliquée plus à fond et avec plus d'ordre que jamais. La seconde, c'est qu'il prétend ne rien dire de nouveau; chose dont nous devons nous réjouir, n'y ayant rien de plus désirable que de voir accroître le nombre des principes et des articles dont nous convenons.
Entrons donc de tout notre cœur dans ce dessein charitable : voyons de quoi M. Claude convient avec nous, et rapportons sa doctrine dans le même ordre dont il la propose dans sa troisième et quatrième question , et ensuite dans ses onze conséquences.