‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 203 sur 631 · liép. man., q. I · texte numérisé non relu

liép. man., q. I

REFLEXIONS SUR UN ÉCRIT DE M. CLAUDE

Ce que je trouve d'abord est, « qu'il est constant 1) qu'encore que la vraie Eglise soit mèlôe avec les )> méchants dans une même Confession, elle ne » laisse pas d'être visible dans le mélange , comme » le bon froment avec l'ivraie dans un même champ, » et comme les bons poissons le sont avec les mau- » vais dans un môme rets. » Gela va bien , poursuivons. « Ce mélange empêche bien le discernement «juste des personnes; mais il n'empêche pas le » discernement ou la distinction des ordres des » personnes, même avec certitude. Nous ne savons I) pas certainement quels sont en particulier les 1) vrais lidèles, ni quels sont les hypocrites : mais » nous savons certainement qu'il y a de vrais fidè- » les, comme il y a des hypocrites; ce qui suffît » pour faire la visibilité do la vraie Eglise. » J'écoule ceci avec joie : assurément nous avancerons. M. Claude nous donne déjà pour constant qu'il y aura toujours un corps visible , dont on pourra dire : Là sont les vrais fidèles.

Je continue à lire sa Réponse, et je trouve qu'il me reprend d'imputer aux prétendus réformés, qu'ils ne croient pas que le corps où Dieu a mis, selon saint Paul , les uns apôtres , les autres docteurs, les autres pasteurs , et le reste, soit l'Eglise de Jésus-Christ. Que je suis aise d'être repris, pourvu que nous avancions I Tant y a qu'il est constant que le corps de Jésus-Christ, qui est l'Eglise, sera toujours composé de pasteurs, de docteurs, de prédicateurs, et aussi de peuple : il est donc par conséquent toujours très-visible, et la suite des pasteurs aussi bien que celle du peuple y doit être manifeste.

M. Claude confirme ici son discours par un passage de M. Mestresat, qui décide qu'il ne faut pas chercher l'Eglise de Dieu hors de l'étal visible du ministère et de la parole. Tant mieux, et je suis ravi que M. Claude trouve dans son Eglise beaucoup de sectateurs de cette doctrine.

J'avais eu peur que les ministres ne voulussent pas trouver l'Eglise visible dans ce passage de saint Paul aux Ephésiens', où l'Eglise nous est proposée sans ride et sans lâche' , et je m'étais mis en peine de prouver que cette Eglise, marquée par saint Paul, était visible, puisqu'elle était lavée par le baptême et par la parole. M. Claude entre d'abord dans mon sentiment. Il dit que dans ce passage il faut entendre à la vérité l'Eglise qui est déjà au ciel , mais aussi l'Eglise visible qui est sur la terre, comme ne faisant ensemble qu'un même corps , et il cite encore ici M. Mestresat. Je reçois cette doctrine; et si quelqu'un de nos réformés, fùl-ce M. Claude lui-même, m'objecte jamais qu'il ne faut pas tant appuyer sur la visibilité de l'Eglise, puisqu'il y a du moins une partie de celte Eglise qui est invisible, c'est-à-dire, celle qui est dans le ciel , je répondrai que cela ne doit point nous embarrasser, i)uisqu'en[in , par cette doctrine de M. Mestresat et de M. Claude, étant en communion avec la partie visible de l'Eglise, je suis assuré d'y être aussi avec la partie invisible qui est déjà dans le ciel avec Jésus-Christ; de sorte qu'il est bien certain que tout se réduit enfin à la visibilité. M. Claude passe de là aux objections qu'on peut faire, et il décide d'abord que la visibilité de l'E-

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