V. Sup., p. 203. — 2. Ephes., v
glise est une visibilité de ministère. Il faudra donc à la tin, que, comme il reconnaît dans l'Eglise une perpétuelle visibilité , il en vienne à nous montrer une succession dans le ministère, et en un mot une suite de lôgilimes pasteurs.
Il s'objecte que lemitiistère est communaux bons et au.v méchants , d'où il semble qu'on pourrait conclure, contre sa doctrine, que les bons et les méchants composent l'Eglise. Et il répond, « que » si dans l'usage le ministère est commun aux bons » et aux méchants, ce n'est que par accident, et par » la fraude de l'ennemi; que de droit il n'appar- » lient qu'aux vrais fidèles, et que la surnaturelle » destination n'est que pour eux. » Tout cela est clair, excepté ce mot, le ministère n'appartient de droit qu'aux vrais fidèles. Car comme on pourrait entendre par là qu'il n'y a que les vrais fidèles qui soient pasteurs légitimes, on tomberait dans l'inconvénient d'avoir à examiner chacun en particulier si les pasteurs en effet sont de vrais fidèles , et de croire qu'ils cessent d'être pasteurs quand ils cessent d'être gens de bien, fût-ce sans scandale : pernicieuse doctrine de Wiclef, qui mettrait toute l'Eglise en confusion! En éloignant ce mauvais sens, qui ne peut pas être de l'esprit de M. Claude, je lui avoue tout ce qu'il avance; car sans doute il n'est pas du premier dessein de Jésus-Christ qu'il y ait des ministres trompeurs : cela n'arrive que par la malice de l'ennemi. La destination du ministère est pour les vrais fidèles; Jésus-Christ ne l'a pas établi pour appeler dans l'Eglise des trompeurs et des hypocrites; qui en doute? Mais néanmoins ces trompeurs et ces hypocrites peuvent être assez de l'Eglise pour y être pasteurs légitimes : et les vrais fidèles ayant à vivre jusqu'à la fin des siècles sous l'autorité de ce ministère mêlé, il faudra donc, sans examiner si les ministres sont bons ou mauvais, nous en montrer une suite toujours manifeste, sous laquelle se soit conservé le peuple de Dieu.
Plus je continue ma lecture , plus je trouve cette vérité évidemment déclarée. Car, entrant dans la quatrième question, je remarque bien que M. Claude y prétend montrer que les passages où Jésus-Christ promet à l'Eglise de la conserver toujours sur la terre , regardent uniquement la société des vrais fidèles : mais il ne laisse pas d'avouer toujours également que cette Eglise ne cesse jamais d'être visible , et que Jésus-Christ l'a ainsi promis.
J'ai prétendu démontrer l'Eglise visible dans ces paroles : Tu es Pierre, et sur cette jnerre j'établirai mon Eglise, et les portes d'enfer ne prévaudront point contre elle' . Ou a pu voir les raisons dont je me suis servi pour le prouver^. M. Claude reçoit cette doctrine avec ses preuves, et il avoue que « l'Eglise dont il est parlé dans ce passage est en » effet une Eglise confessante, une Eglise qui pu- » blie la foi, une Eglise à qui Jésus-Christ a donné )) un ministère extérieur, une Eglise qui use du » ministère des clefs, et qui lie et délie, une Eglise » par conséquent qui a un extérieur et une visibi- » litô. » C'est une telle Eglise que Jésus-Christ a promis en cet endroit de conserver toujours sur la terre ; M. Claude ne peut pas souffrir qu'on lui dise qu'elle cesse d'être, et ainsi elle est toujours avec tout ce ministère, qui lui est essentiel : ce qui fait